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Saturday, December 27, 2014

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Emmanuel Kattan un brillant romancier

Tags: Books and Authors
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Emmanuel Kattan est certainement l’un des écri­vains les plus prometteurs de la scène littéraire québécoise.

Son deuxième roman, Les Lignes de Désir, paru cette année aux Éditions du Boréal, est la plus belle oeuvre ro­ma­nesque que l’auteur de cet article a lue cette année. Un récit magnifiquement composé et écrit magistralement, campé à Jérusalem et ayant comme toile de fond l’interminable contentieux entre Israéliens et Palestiniens.

Fils du grand écrivain montréalais, Naïm Kattan, Emmanuel Kattan a un très grand talent littéraire.

Il est l’auteur d’un premier roman paru en 2008 aux Éditions du Boréal, Nous seuls, qui a été chaleureusement accueilli par la critique. Ce livre a été traduit en anglais en 2011 sous le titre Love Alone par les Éditions Thomas Allen.

Né à Montréal, Docteur en Philosophie de l’Université de Montréal et Lauréat de la prestigieuse Bourse Rhodes, qui lui a permis de pour­suivre des Études Postdocto­rales à l’Université d’Oxford, en Grande-Bretagne, Emmanuel Kattan est l’auteur d’un remarquable essai sur la Shoah, Penser le Devoir de Mémoire, publié en 2002 aux Presses Universitaires de France. Durant les années qu’il a passées à Londres, il a travaillé à la Délégation du Québec, où il a été Directeur des Affaires universitaires et des Communications, et au Secrétariat du Commonwealth, où il rédigeait les discours royaux.  Il vit aujourd’hui à New York, avec son épouse et leurs deux enfants, où il est Directeur des Programmes au British Council.

Dans Les Lignes de Désir, Emmanuel Kattan aborde avec perspicacité et une grande dextérité littéraire une problématique d’une brûlante actualité, notamment à une époque marquée par une mondialisation culturelle débridée: des Identités culturelles multiples peuvent-elles co­exister ensemble?

Sara décide de quitter Montréal pour s’installer à Jérusalem afin de poursuivre ses études d’Archéologie. Elle est soudain amenée à s’interroger sur ses origines et sa propre Identité, elle qui est née d’une mère Musulmane et d’un père Juif. Comment réconcilier les deux visages si opposés de ses racines fami­liales? Sara se liera d’amitié aussi bien avec des étudiants Juifs qu’avec sa colocataire Musulmane. Elle y tombera même amou­reuse d’Ibrahim, un Palestinien Musulman. Mais quelques mois après son arrivée, Sara disparaît brusquement. Inquiet, David, son père, débarque à Jérusalem pour tenter de retracer les faits et gestes de sa fille au cours des semaines qui ont précédé sa disparition. Il s’interroge aussi sur ce qu’est être père. Pourquoi Dieu en voulant éprouver Abraham lui a-t-il ordonné de sacrifier son enfant? Est-il possible de protéger ceux que l’on aime…?

Les personnages principaux de ce très beau roman, Sara et Ibrahim, essayent d’aborder leur vie spirituelle d’une manière différente. Ibrahim quitte la religion musulmane. Sara, qui à l’adolescence a vécu une crise spi­ri­tuelle après le décès de sa mère, rejette en partie la religion, mais sans s’en détacher complètement. Une fois arrivée en Israël, elle cherche à combler le vide que l’absence de Dieu a laissé dans sa vie. Comment combler ce vide à partir d’une situation regorgeant de doutes et d’interrogations?

“Ce que j’ai voulu montrer dans ce roman, c’est que, souvent, la relation avec Dieu n’est pas uniquement une relation de soumission, mais aussi une relation de combat, d’affrontement -pas nécessairement d’affrontement pour dominer, mais un affrontement qui se présente sous la forme d’un défi. Dans la Bible, on trouve ce défi et cet affrontement à tous les niveaux. Il y a évidemment l’Histoire d’Abraham, qui négocie avec Dieu au moment où le Tout-Puissant se confie à lui pour lui annoncer: “Je vais détruire les villes de Sodome et Gomorrhe”… Cette relation avec Dieu est une relation de tension et non d’harmonie, de certitude, de confiance. C’est une relation tendue où l’homme se dresse face à Dieu et le met au défi de se justifier. S’engage alors avec Dieu un véritable dialogue”, ­explique Emmanuel Kattan en entrevue.

Jusqu’à son départ vers Israël, Sara arrive à vivre harmonieusement avec sa double Identité au niveau spirituel et au niveau intérieur. Elle ne cesse de se dire: “Je suis Juive, je suis Musulmane”. Tant qu’il s’agit de prières, de lire la Bible ou le Coran, de prier en hébreu ou en arabe, elle arrive à réconcilier ses deux Identités.

“Sara sera confrontée à un conflit identitaire profond à partir du moment où son Identité spirituelle devient extérieure et que la religion n’est plus uniquement une spi­ri­tua­lité, mais aussi une Identité.  Elle se sent alors en porte-à-faux. Elle prend alors conscience qu’elle n’est pas capable d’être entière.”

Emmanuel Kattan aborde dans ce roman avec le plus grand doigté la sulfureuse question du conflit israélo- palestinien, en s’abstenant de prendre parti pour l’un ou l’autre des deux camps antagonistes.

“Je pense que c’est important de pouvoir se mettre dans une position d’écoute. Quand on est en Israël, on écrit différemment sur le conflit israélo-palestinien. Pour un observateur comme moi, ou un personnage comme celui de Sara, qui a des ori­gines juives et a passé une partie de sa vie à Montréal, nous arrivons en Israël avec des perspectives qui ne sont pas celles des Israéliens et des Palestiniens, qui eux vivent ce douloureux conflit au jour le jour de l’intérieur. Un des axes de résolution possibles du conflit israélo-palestinien, c’est d’écouter l’Histoire de l’Autre, quand l’autre veut bien l’écouter évidemment. Il faut créer alors les circonstances pour que ça se produise.”

 

Montreal author Emmanuel Kattan talks about his latest book, a novel called Les Lignes de Désir.

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