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Thursday, April 24, 2014

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Les répercussions des Élections israéliennes

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Un panel sur les répercussions des résultats des dernières élections israéliennes a eu lieu à la Congrégation sépharade Or Hahayim de Côte Saint-Luc. De gauche à droite: David Bensoussan, Frank Guttman, Charles Barchechat, modérateur du panel, Julien Bauer et Sami Aoun. [Photo: Edmond Silber]

Les résultats inopinés des der­nières élections lé­gi­slatives israéliennes, qui se sont tenues le 22 janvier dernier, ont non seulement démenti tous les sondages, qui prédisaient une droitisation de l’électorat juif israélien, mais ont aussi démontré que l’opinion publique israélienne n’est pas extrême­ment divisée, comme n’ont cessé de l’affirmer les grands médias internationaux avant le déroulement de cette joute électorale, a rappelé le politologue Julien Bauer, Professeur au Département de Science Politique de l’Université du Québec à Montréal (U.Q.A.M.), lors de son intervention dans un pa­nel-­débat sur les répercussions des résultats de ces élections.

Cette table ronde a été organisée par la Congrégation Or Hahayim de Côte Saint-Luc en collaboration avec la Communauté sépharade unifiée du Québec (C.S.U.Q.), Radio Shalom et le Centre Consultatif des Relations Juives et Israéliennes (C.I.J.A.). Deux autres conférenciers ont participé à ce panel: le politologue Sami Aoun, Professeur de Relations internationales à l’Université de Sherbrooke et spécialiste du monde arabe, et le Dr Frank Guttman, Professeur émérite de Chirurgie pédiatrique à l’Université McGill et représentant de la Section mont­réa­laise du Mouvement La Paix maintenant -Shalom Arshav-. Charles Barchechat, Président du Comité “Conférences” de la Congrégation Or Hahayim, a été le modérateur de ce panel.

“Les médias internationaux, qui comprennent la scène israélienne comme moi je comprends ce qui se passe en Tanzanie!, n’ont cessé de clamer que l’opinion publique israélienne est très divisée politiquement et qu’Israël est un pays très scindé idéologiquement entre la Droite et la Gauche. C’est une impression qui est fausse. Les résultats de ces élections ont démontré très éloquemment qu’il y a un consensus de base dans l’opinion publique israélienne. Aujourd’hui, l’immense majorité des Israéliens, que ça nous plaise ou non, sont d’accord avec le principe de deux États pour deux peuples, mais pas à n’importe quel prix. Ils appuient l’option de deux États à condition que celle-ci mette un terme à la guerre entre Israël et les Palestiniens. Si pour les Palestiniens ce n’est qu’une étape pour continuer leur guerre contre Israël, la réponse de la grande majorité des Israéliens est catégorique: non à la solution de deux États pour deux peuples”, expliqua Julien Bauer.

D’après ce spécialiste chevronné des questions politiques israéliennes et du conflit israélo-palestinien, l’issue des élections du 22 janvier dernier nous rappelle que la différence entre le Parti Travailliste israélien, le Likoud, les petits partis de Droite et les petits partis de Gauche est des plus minimes.

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“Il s’agit plutôt de nuances. Une dose de réalisme politique est revenue dans la scène politique israélienne alors que ce réalisme avait disparu depuis une vingtaine d’années. Le résultat de ces élections: une démocratie qui fonctionne; un réalisme politique qui revient -une majorité d’Israéliens ne croit plus avec des étoiles dans les yeux qu’on va régler tous les problèmes demain matin-; des politiciens pragmatiques, tel Naftali Bennett, leader du Parti Habayit Hayéhudi -La  Maison juive-, qui tout en étant religieux n’exècre pas les laïcs. Issu du monde des affaires, où il a vendu récemment sa Boîte d’informatique pour un montant de 140 millions de dollars US, personne ne pourra reprocher à Naftali Bennett d’être un ignard en matière de Gestion ou d’avoir passé toute sa jeu­nesse assis sur les bancs d’une Yéshiva; il y a des chances cette fois-ci, même si ce ne sera pas facile, que l’épineuse question de l’enrôlement des Haredim dans les rangs de Tsahal soit une fois pour toutes réglée; l’instauration d’une politique sociale un peu plus généreuse, qui à mon avis sera néfaste à long terme pour le futur économique d’Israël… Les résultats des élections du 22 janvier prouvent non pas que l’opinion publique israélienne est fragmentée mais, au contraire, que celle-ci est beaucoup plus consensuelle qu’on ne le croit”, a dit Julien Bauer.

Pour le représentant à Montréal de La Paix maintenant, Frank Guttman, la victoire éclatante du Parti laïc Yesh Atid, fondé et dirigé par un ex-journaliste vedette de la Télévision israélienne, Yaïr Lapid, est la preuve pa­tente que les maisons de sondages les plus expérimentées peuvent aussi se tromper d’une manière flagrante.

D’après Frank Guttman, le Parti de Benyamin Netanyahou, le Likoud, a subi une “cuisante défaite” lors de ces élections -il a perdu 12 sièges- parce que cette formation politique a été infiltrée par le Mouvement des colons.

“De nombreux colons sont de­venus membres du Likoud  dans le seul but de modifier sensiblement la Liste électorale de ce Parti. Ils sont ainsi parvenus à évincer de cette Liste les personnalités modérées du Likoud, telles Dan Meridor et Benny Begin. Dans cette élection, ce sont les colons qui ont dominé la Liste électorale du Likoud.”

Frank Guttman déplore aussi qu’un grand nombre d’Israéliens aient voté pour Naftali Bennett, leader de Habayit Hayéhudi, selon lui, “un Parti ouvertement ra­ciste qui prône un État unique s’étendant de la rivière du Jourdain jusqu’à la Méditerranée”.

“À long terme, le Programme raciste et exclusionniste prôné par Habayit Hayéhudi ne pourra dé­bou­cher que sur la disparition d’un État juif et démocratique. Le démographe israélien Sergio Della Pergolla a démontré récemment qu’il y a déjà une majorité non-juive dans le Territoire sous gouverne israélienne, si on inclut les Palestiniens, les ouvriers étrangers et les personnes considérées comme non-Juives d’un point de vue halakhique.”

Le politologue Sami Aoun expli­ci­ta la perception que le monde arabo-musulman a des dernières élections législatives israéliennes.

Ce fin connaisseur des sociétés arabes débuta son analyse en regrettant que les sociétés arabo-musulmanes ne s’intéressent pas encore au fonctionnement de la démocratie israélienne.

“Pourquoi n’y a-t-il pas vraiment au niveau des popu­lations et des cultures populaires arabes une bonne connaissance de l’État israélien? Il faut espérer qu’avec le “Printemps arabe” et le déverrouillage des systèmes politiques arabes nous serons plus attentifs à la seule démocratie qui fonctionne au Moyen-Orient, Israël. Au moins que les Arabes prennent le temps de comprendre les rouages de la démocratie israélienne au-delà des stéréotypes, des préjugés et des grilles réductrices qu’ils ont du fait israélien”, a dit Sami Aoun.

La perception des dernières élections israéliennes qui domine dans le monde arabe en est une “très simpliste”, a constaté Sami Aoun: c’est celle de la tendance radicale islamiste, incarnée particulièrement par le Hezbollah.

“La Mouvance islamiste radicale, le Hezbollah en tête, voit dans la pluralité électorale israélienne et dans le choix fait le 22 janvier dernier par les électeurs Israéliens un effet direct de la “victoire” -il faut insister sur les guillemets- clamée par le Hezbollah depuis la guerre qui l’a opposé en 2006 à Israël, sur le Territoire ­libanais.”

D’autres Arabes voient dans ces élections un changement majeur en Israël qui augure la fin du Sionisme classique et l’émergence d’un nou­veau leadership sioniste.

“Ces élections sont perçues par bon nombre d’Arabes comme un paradoxe. Est-ce qu’on s’en va vers l’arrêt ou le freinage de ce qu’on appelle la radicalisation vers la droite de la société israélienne? Yaïr Lapid n’incarne-t-il pas l’antithèse de la droitisation de l’opinion publique israélienne? Mais, en même temps, pour les Arabes, Yaïr Lapid demeure un politicien novice et très énigmatique. Durant la campagne électorale, il ne s’est pas prononcé longuement sur les enjeux géopolitiques de la région, ni sur la question palestinienne. Toute sa campagne électorale a été axée sur l’Agenda social, très prioritaire aux yeux de la grande majorité des Israéliens”, expliqua Sami Aoun.

David Bensoussan clôtura ce panel en brossant une synthèse des interventions des trois panelistes invités.

“Il s’agit plutôt de nuances. Une dose de réalisme politique est revenue dans la scène politique israélienne alors que ce réalisme avait disparu depuis une vingtaine d’années. Le résultat de ces élections: une démocratie qui fonctionne; un réalisme politique qui revient -une majorité d’Israéliens ne croit plus avec des étoiles dans les yeux qu’on va régler tous les problèmes demain matin-; des politiciens pragmatiques, tel Naftali Bennett, leader du Parti Habayit Hayéhudi -La  Maison juive-, qui tout en étant religieux n’exècre pas les laïcs. Issu du monde des affaires, où il a vendu récemment sa Boîte d’informatique pour un montant de 140 millions de dollars US, personne ne pourra reprocher à Naftali Bennett d’être un ignard en matière de Gestion ou d’avoir passé toute sa jeu­nesse assis sur les bancs d’une Yéshiva; il y a des chances cette fois-ci, même si ce ne sera pas facile, que l’épineuse question de l’enrôlement des Haredim dans les rangs de Tsahal soit une fois pour toutes réglée; l’instauration d’une politique sociale un peu plus généreuse, qui à mon avis sera néfaste à long terme pour le futur économique d’Israël… Les résultats des élections du 22 janvier prouvent non pas que l’opinion publique israélienne est fragmentée mais, au contraire, que celle-ci est beaucoup plus consensuelle qu’on ne le croit”, a dit Julien Bauer.

Pour le représentant à Montréal de La Paix maintenant, Frank Guttman, la victoire éclatante du Parti laïc Yesh Atid, fondé et dirigé par un ex-journaliste vedette de la Télévision israélienne, Yaïr Lapid, est la preuve pa­tente que les maisons de sondages les plus expérimentées peuvent aussi se tromper d’une manière flagrante.

D’après Frank Guttman, le Parti de Benyamin Netanyahou, le Likoud, a subi une “cuisante défaite” lors de ces élections -il a perdu 12 sièges- parce que cette formation politique a été infiltrée par le Mouvement des colons.

“De nombreux colons sont de­venus membres du Likoud  dans le seul but de modifier sensiblement la Liste électorale de ce Parti. Ils sont ainsi parvenus à évincer de cette Liste les personnalités modérées du Likoud, telles Dan Meridor et Benny Begin. Dans cette élection, ce sont les colons qui ont dominé la Liste électorale du Likoud.”

Frank Guttman déplore aussi qu’un grand nombre d’Israéliens aient voté pour Naftali Bennett, leader de Habayit Hayéhudi, selon lui, “un Parti ouvertement ra­ciste qui prône un État unique s’étendant de la rivière du Jourdain jusqu’à la Méditerranée”.

“À long terme, le Programme raciste et exclusionniste prôné par Habayit Hayéhudi ne pourra dé­bou­cher que sur la disparition d’un État juif et démocratique. Le démographe israélien Sergio Della Pergolla a démontré récemment qu’il y a déjà une majorité non-juive dans le Territoire sous gouverne israélienne, si on inclut les Palestiniens, les ouvriers étrangers et les personnes considérées comme non-Juives d’un point de vue halakhique.”

Le politologue Sami Aoun expli­ci­ta la perception que le monde arabo-musulman a des dernières élections législatives israéliennes.

Ce fin connaisseur des sociétés arabes débuta son analyse en regrettant que les sociétés arabo-musulmanes ne s’intéressent pas encore au fonctionnement de la démocratie israélienne.

“Pourquoi n’y a-t-il pas vraiment au niveau des popu­lations et des cultures populaires arabes une bonne connaissance de l’État israélien? Il faut espérer qu’avec le “Printemps arabe” et le déverrouillage des systèmes politiques arabes nous serons plus attentifs à la seule démocratie qui fonctionne au Moyen-Orient, Israël. Au moins que les Arabes prennent le temps de comprendre les rouages de la démocratie israélienne au-delà des stéréotypes, des préjugés et des grilles réductrices qu’ils ont du fait israélien”, a dit Sami Aoun.

La perception des dernières élections israéliennes qui domine dans le monde arabe en est une “très simpliste”, a constaté Sami Aoun: c’est celle de la tendance radicale islamiste, incarnée particulièrement par le Hezbollah.

“La Mouvance islamiste radicale, le Hezbollah en tête, voit dans la pluralité électorale israélienne et dans le choix fait le 22 janvier dernier par les électeurs Israéliens un effet direct de la “victoire” -il faut insister sur les guillemets- clamée par le Hezbollah depuis la guerre qui l’a opposé en 2006 à Israël, sur le Territoire ­libanais.”

D’autres Arabes voient dans ces élections un changement majeur en Israël qui augure la fin du Sionisme classique et l’émergence d’un nou­veau leadership sioniste.

“Ces élections sont perçues par bon nombre d’Arabes comme un paradoxe. Est-ce qu’on s’en va vers l’arrêt ou le freinage de ce qu’on appelle la radicalisation vers la droite de la société israélienne? Yaïr Lapid n’incarne-t-il pas l’antithèse de la droitisation de l’opinion publique israélienne? Mais, en même temps, pour les Arabes, Yaïr Lapid demeure un politicien novice et très énigmatique. Durant la campagne électorale, il ne s’est pas prononcé longuement sur les enjeux géopolitiques de la région, ni sur la question palestinienne. Toute sa campagne électorale a été axée sur l’Agenda social, très prioritaire aux yeux de la grande majorité des Israéliens”, expliqua Sami Aoun.

David Bensoussan clôtura ce panel en brossant une synthèse des interventions des trois panelistes invités.

A panel organized by Congrégation Or Hahayim in Côte Saint-Luc recently discussed the significance of the elections in Israel last month.

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