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Monday, April 27, 2015

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Quand Kichka et Khalil dessinent la Paix

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De gauche à droite: le caricaturiste palestinien Khalil Abou Arafeh du journal Al-Qods de Jérusalem-Est, Alon Melchior, Consul d’Israël à Mont­réal, et Michel Kichka, célèbre caricaturiste israélien.

L’amitié sincère et la grande complicité qui lient depuis plusieurs années Michel Kichka, un des plus talentueux caricaturistes de presse et bédéistes d’Israël, et Khalil Abou Arafeh, caricatu­riste vedette du grand quotidien palestinien en langue arabe, Al-Qods, publié à Jérusalem-Est, mettent en charpie l’antienne très tenace et fataliste arguant qu’un dialogue constructif entre Israéliens et Palestiniens n’est qu’un voeu chimérique qui ne se concrétisera jamais.

Aux côtés de leur inséparable compère Plantu, caricaturiste français mondialement célèbre du journal Le Monde et de l’hebdomadaire L’Express, cofondateur, en 2006, avec l’ancien Secrétaire Général de l’O.N.U., Kofi Annan, et Président de l’Association Dessins pour la Paix -Cartooning for Peace-, qui regroupe des dessinateurs de presse d’une cinquantaine de pays, Michel Kichka et Khalil Abou Arafeh ont démontré avec une grande éloquence et un sens de l’humour des plus raffinés qu’il ne faut pas se résigner face aux sirènes du fatalisme et de l’extrémisme qui ne cessent de résonner avec stridence dans un Moyen-Orient en constante tourmente.

Plantu, Kichka, Khalil et le très talentueux caricaturiste québécois, Bado, du journal Le Droit d’Ottawa, membre aussi de l’Association Dessins pour la Paix, ont été les invités d’honneur des Jours pour la Paix qui ont inauguré la Saison culturelle sépharade que la Communauté Sépharade Unifiée du Québec (C.S.U.Q.) proposera durant la prochaine année.

Maurice Chalom, Cadre-Conseil en Planification stra­tégique et Développement com­­munautaire auprès de la Direction Générale de la Ville de Montréal, a été l’initiateur de ce très beau Projet éducatif orga­nisé par la C.S.U.Q. en étroite collaboration avec l’Association Dessins pour la Paix et l’Association marocaine judéo-musulmane montréalaise, Mémoires & Dialogue, co-Présidée par Amine Dabchy et le Dr Émile Elfassy.

L’ancien Premier Ministre du Québec, Bernard Landry, a été le Président d’honneur de cet événement, qui fut inauguré avec une Expo­si­tion de dessins de caricaturistes membres de l’Association Dessins pour la Paix présentée dans le Hall d’entrée de la FÉDÉRATION CJA.

Le journaliste François Bugingo anima magistralement le panel, intitulé “Rire de tout?”, qui a réuni Plantu, Kichka, Khalil et Bado dans une Salle archicomble du Centre Gelber de la FÉDÉRATION CJA. Élie Benchetrit fut le Maître de cérémonie de cette Soirée très réussie et des plus hilarantes -les quatre caricaturistes ont croqué sur le vif les moments les plus forts de ce Panel-débat- qui a fait les délices du large public présent.

Alon Melchior, Consul d’Israël à Montréal, Amin Meleika, Consul général d’Égypte à Montréal, Sylvain Abitbol, Président de la C.S.U.Q., et Lionel Perez, membre du nouveau Comité Exécutif de la Ville de Mont­réal, étaient parmi les nombreuses personnalités communautaires et pu­bliques qui ont assisté à cet événement.

Nous avons rencontré ensemble Michel Kichka et Khalil Abou Arafeh.

Né en Belgique en 1954, Michel Kichka a fait son Aliya en 1974. Il vit avec sa famille à Jérusalem, où il enseigne le Dessin à la prestigieuse Académie des Beaux-Arts Bezalel. Toutes les semaines, il commente, par le truchement de ses caricatures, les faits les plus marquants de l’actualité nationale et internationale dans plusieurs émissions d’Affaires pu­bliques très populaires de la Télévision israélienne. Michel Kichka a Présidé pendant plusieurs années l’Association des caricaturistes et dessinateurs de presse d’Israël. Il a illustré une cinquantaine de livres pour enfants. Il a présenté à Montréal son dernier livre, un Roman graphique autobiographique très poignant, Deuxième Génération. Ce que je n’ai pas dit à mon père (Éditions Dargaud), dans lequel il retrace la vie de son père, Joseph Kichka, survivant de la Shoah. 

Élevé dans une famille très religieuse de la vieille ville de Jérusalem et Architecte de profession, Khalil Abou Arafeh, 57 ans, se considère comme un “partisan de la Résistance pacifique pales­tinienne”. Proche du Fatah de Mahmoud Abbas, au début des années 2000, il a croupi pendant plusieurs mois dans les geôles israéliennes. Ses caricatures, publiées quotidiennement dans le journal Al-Qods, ont souvent soulevé l’ire du Fatah et du Hamas.

Michel Kichka et Khalil Abou Arafeh sont tous deux des parti­sans invétérés de la “solution la plus réa­liste, et la seule viable, pou­vant régler une fois pour toutes l’interminable conflit israélo-palestinien: deux États pour deux peuples”, s’em­pressent-ils de rappeler à l’unisson.

“En Israël et en Palestine, per­sonne ne délogera per­sonne. On ne peut pas réécrire l’Histoire très tragique de ces deux peuples qui revendiquent fou­gueuse­ment la même Terre. Je suis un optimiste tenace, mais très réaliste. À mes yeux, l’unique solution susceptible de mettre fin au contentieux entre Israël et les Palestiniens est: deux États mitoyens, l’un pour les Israéliens, l’autre pour les Palestiniens. Il n’y a pas une autre alternative. Jérusalem-Est devra être la Capitale du futur État de Palestine. L’option de l’État binational serait une grande ca­ta­strophe aussi bien pour les Israéliens que pour les Palestiniens. Nos deux peuples savent très bien  qu’ils sont condamnés à s’entendre et à vivre côte à côte jusqu’à la fin de leurs jours”, nous a dit Khalil Abou Arafeh.

Michel Kichka abonde aussi dans le même sens.

“Je suis un Sioniste convaincu, souligne-t-il. C’est pourquoi j’ai fait mon Aliya de ma Belgique natale il y a 40 ans. Donc, un Sioniste résolu ne peut être qu’optimiste. C’est cet optimisme inébranlable qui a permis aux Israéliens il y a 65 ans de réaliser un des rêves les plus fous de l’Humanité: la création d’un État juif sur la Terre ancestrale du peuple juif. Je suis bien conscient que la Paix, ce n’est pas pour demain. Mais nous n’avons pas le droit de capituler face aux extrémismes qui sévissent au­jourd’hui avec force en Israël et en Palestine.”

Les dessinateurs de presse sont “restés des enfants dont l’imagination foisonne de rêves fous”, ajoute Michel Kichka.

“C’est pourquoi nous croyons obstinément à la Paix. C’est le principal credo de l’Association Dessins pour la Paix. C’est par le truchement de cette Association, qui sous la Présidence de Plantu réalise un travail exceptionnel à l’échelle mondiale, que j’ai connu Khalil Abou Arafeh et d’autres dessinateurs de presse arabo-musulmans. Ces rencontres ont été capitales pour moi, car c’est en dialoguant avec l’Autre qu’on finit par mieux comprendre ses peurs, ses attentes et ses espoirs. Le dialogue est l’unique antidote efficace contre les préjugés, la haine et le ­racisme.”

 

Israeli and Palestinian political cartoonists Michel Kichka and Khalil Abou Arafeh, who were among the special guests at the opening event of the Saison culturelle sépharade, talk about the possibilities for peace for Israel and the Palestinians.

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