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Tuesday, October 21, 2014

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Kippour 1973 le grand cauchemar d’Israël

Tags: Israel
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En octobre 1973, à la veille du déclenchement de la Guerre du Kippour, le principal espion d’Israël était nul autre qu’Ashraf Marwan, gendre du Président égyptien Gamal Abdel Nasser, qui devint, après la mort de ce dernier, l’un des principaux conseillers politiques d’Anouar al-Sadate.

Mais Ashraf Marwan était-il un espion à la solde d’Israël ou un Agent double qui berna les Israéliens en octobre 1973, en leur prodiguant de fausses informations sur les plans mili­taires concoctés par les Armées égyptienne et syrienne?

C’est la question obsédante qui nourrit le livre-enquête passionnant, La Guerre du Kippour n’aura pas lieu. Comment Israël s’est fait surprendre (Éditions André Versaille), que le journaliste franco-israélien Marius Schattner, ancien correspondant du journal français Libération et de l’Agence France Presse à Jérusalem, et l’historienne française Frédérique Schillo, spécialiste reconnue de l’Histoire du conflit israélo-arabe, viennent de consacrer à cette terrible Guerre, qui dura dix-huit jours, qui traumatisa profondément Israël et dont les séquelles perdurent encore aujourd’hui.

Pour écrire ce livre, Marius Schattner et Frédérique Schillo ont eu accès à des sources historiographiques inédites et à des Archives déclassifiées l’année dernière par le Gouvernement d’Israël.

Ce livre-enquête exceptionnel, qui mêle géopolitique, psychologie, stra­tégie et espionnage, et qui se lit comme un thriller haletant, nous révèle les dessous de cette Guerre très meurtrière qui menaça sérieusement l’existence d’Israël.

Marius Schattner et Frédérique Schillo démontrent très élo­quemment dans leur livre que pour Israël, la Guerre du Kippour de 1973 fut avant tout un “grand fiasco” des Services de Renseignement israéliens.

“Quelques jours avant le déclenchement de la Guerre du Kippour, Éli Zeira, qui assumait alors la très importante fonction de Chef des Renseignements militaires d’Israël, était résolument convaincu qu’il n’y aurait pas de Guerre avec l’Égypte ni avec la Syrie parce que les Arabes n’avaient ni la volonté politique ni les moyens militaires d’attaquer l’État juif -une idée entretenue avec complaisance en Israël depuis la victoire foudroyante de Tsahal lors de la Guerre israélo-arabe de 1967. Éli Zeira avait énormément d’influence auprès du Ministre de la Défense de l’époque, le Général Moshé Dayan, et des membres du Gouvernement de Golda Meir. Les  erreurs fatales d’appréciation et d’analyse d’Éli Zeira furent la principale explication de l’impréparation d’Israël avancée par la Commission Agranat, instituée par l’État d’Israël afin d’enquêter sur les manque­ments de Tsahal durant la Guerre du Kippour. Une explication un peu facile. Il y a une autre explication qui fut totalement éludée par les membres de la Commission Agranat: l’Armée israélienne ne croyait pas que les Arabes oseraient attaquer Israël. Par ailleurs, dans le cas d’une éven­tuelle attaque militaire des pays arabes, l’État-major de Tsahal était persuadé qu’il rétablirait la situation en moins de 48 heures. Le Gouvernement de Golda Meir ne fut averti par l’espion Ashraf Marwan de l’imminence d’une attaque arabe qu’à peu près 10 heures avant le début de l’offensive militaire égypto-syrienne, et en plus avec une erreur sur l’heure exacte du déclenchement de cette attaque de grande envergure”, ­explique Marius Schattner en entrevue depuis Jérusalem.

C’est l’“orgueil” et le “sentiment de supériorité” d’Israël, qui se croyait invincible militairement, qui “aveu­glèrent” l’État-major de Tsahal et les membres du Gouvernement de Golda Meir, estime Marius Schattner.

“En 1973, le système de défense d’Israël était basé sur un principe cardinal: la dissuasion. Afin d’éviter d’être pris de court par une attaque ennemie, Tsahal devait dissuader ses adversaires, en les attaquant pré­alable­ment si nécessaire. En octobre 1973, la stratégie de dissuasion de Tsahal s’avéra un grand fiasco. Cet échec fut très difficile à accepter pour les Israéliens.”

Quarante ans après, quel regard les Israéliens portent-ils sur la Guerre du Kippour de 1973?

“Depuis quelques mois, c’est effarant le nombre de livres, d’articles de journaux -des pages entières-, de Documents-témoignages, de débats à la Télévision et à la Radio israéliennes qui sont consacrés à la Guerre du Kippour,  dit Marius Schattner. Le grand traumatisme provoqué par cette Guerre est toujours très pré­gnant dans la société israélienne. Pourquoi la blessure causée par la Guerre de 1973 est-elle toujours béante? La principale raison, à mon avis: il y a toujours en Israël cette grande peur qu’on soit de nouveau surpris par l’ennemi. Avant la Guerre de 1973, il prévalait dans la société israélienne un sentiment d’une très grande assurance, qui s’est écroulé durant les 48 premières heures de la Guerre du Kippour. Phénomène très frappant: on a vu réapparaître cette peur lancinante il y a quelques semaines lorsque l’effroyable Guerre civile qui embrase actuellement la Syrie incita les Israéliens à se ruer vers les masques à gaz, et cela en dépit de l’avis émis sereinement, à juste titre, par les Autorités militaires israéliennes, qui ne cessent de claironner qu’il n’y a aucun risque d’attaque au gaz par la Syrie.”

 

In an interview from Jerusalem, journalist Marius Schattner talks about Israel’s mistakes prior to the Yom Kippur War, which started on Oct. 6, 1973. He addresses the subject in his recent book, co-written with French historian Frédérique Schillo.

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