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Tuesday, September 16, 2014

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L’Alliance Israélite Universelle à Montréal

Tags: Campus
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Jo Toledano (à gauche), Directeur général de l’Alliance Israélite Universelle, et Philippe Elharrar, Directeur général de l’Alliance Israélite Universelle-Canada

L’Alliance Israélite Universelle (A.I.U.), la plus importante Institution éducative juive francophone mondiale, souhaite développer des Partenariats académiques avec les Écoles juives de Montréal et les Universités francophones du Québec.

L’A.I.U.-Canada, Institution Pré­si­dée par Ralph Benatar et dirigée par Philippe Elharrar, joue un rôle de premier plan dans la mise en oeuvre des nombreux Projets pédagogiques initiés par l’A.I.U. à Montréal.

Dans une entrevue qu’il a accordée au Canadian Jewish News lors de son récent passage à Montréal, Jo Tole­dano, Direc­teur général de l’A.I.U., a fait le point sur les relations entre l’A.I.U. et les Institutions éducatives juives montréalaises.

Canadian Jewish News: À Montréal, le principal partenaire éducatif de l’A.I.U. est l’École Maïmonide. Quel est votre Bilan de ce Partenariat ?

Jo Toledano: Dans la Philosophie de l’Éducation de l’A.I.U., ce qui est important dans un système éducatif, c’est d’essayer de trouver la réponse juste à la question la plus locale possible. À Mont­réal, l’A.I.U. a un grand partenaire éducatif: l’École Maï­mo­nide. Lors de ma première visite à l’École Maïmonide, à titre de Directeur général de l’A.I.U., cette Institution scolaire était sur le point de fermer un de ses deux Campus. Aujourd’hui, l’École Maïmonide commence à être à l’étroit dans ses locaux. Cette École sépharade francophone a accru considérablement le nombre de ses  élèves et connaît aujourd’hui un essor important. En même temps, à l’instar des autres Écoles juives de Montréal,  l’École Maïmonide est aussi confrontée à de très grands défis, qu’elle compte relever avec opiniâtreté: le vieillissement de ses Équipes de Direction, le renouvelle­ment de ses Équipes d’enseignants… Pour relever ces défis de taille, l’École Maïmonide peut compter sur le soutien vigoureux  d’une soixantaine de parents d’élèves qui s’impliquent bénévolement avec passion dans les différents Comités de travail de l’École. Je vois à l’École Maïmonide des changements majeurs qui sont en train de s’opérer sur des bases saines et démocratiques. C’est très pro­metteur.

C.J.N.: Quels sont les principaux défis du Partenariat A.I.U.-École Maïmonide?

Jo Toledano: Trois éléments importants ont motivé l’A.I.U. à développer un Partenariat avec l’École Maïmonide. Premier élément: l’École Maïmonide répond aux attentes d’une population sépharade jeune qui recherche pour ses enfants l’excellence académique. Nous pensons que d’autres Écoles juives de Montréal pourront aussi bénéficier du modèle pédagogique que l’École Maïmonide est en train d’élaborer avec le soutien pédagogique de l’A.I.U.  Deuxième élément: prendre les dispositions nécessaires pour que les Écoles juives partagent en commun un certain nombre de stratégies éducatives. Comme dans d’autres sec­teurs, l’École juive n’avance pas seule, celle-ci ne peut progresser que quand toutes les Écoles juives se développent. On ne peut pas avoir de très mauvaises Écoles dans un système scolaire juif. Les Écoles juives doivent être soli­daires entre elles. Quand les parents choisissent une École juive pour leurs enfants,  ils confirment que le concept d’École juive a du sens. Mais, lorsque ces derniers choisissent une École privée ou publique non juive, ça signi­fie qu’ils considèrent que l’École juive ne sert à rien. Aujourd’hui, toutes les Écoles juives font face au même grand défi: essayer de par­tager avec les autres Écoles des ressources pédagogiques afin d’atteindre l’excellence académique. Troisième élé­ment: la question du français. À Mont­réal et au Québec, la Francophonie est un facteur très important pour des raisons identitaires, légales, nationales…

C.J.N.: En ce qui a trait à la promotion de la Francophonie et à l’enseignement du français, l’A.I.U. a une expérience reconnue dans ces deux domaines.

Jo Toledano: L’A.I.U. est l’Organisation éducative juive mondiale chargée de promouvoir la Francophonie. Donc, l’A.I.U. peut mobiliser les ressources intellectuelles et professionnelles nécessaires pour aider la Communauté juive de Montréal à exceller dans le domaine de l’enseignement du français. Lors d’une rencontre que le Président de l’A.I.U., Marc Eisenberg, et moi-même avons eue avec David Cape, Président de la FÉDÉRATION CJA de Montréal, ce dernier nous a fait part des résultats d’une étude commanditée par la FÉDÉRATION CJA sur les tendances linguistiques dans la Communauté juive de Montréal. Une des principales conclusions de cette étude est que la diminution de la population juive de Montréal peut être freinée par le renforcement de l’image du français au sein de celle-ci.  Pour atteindre cet objectif, il faut d’abord renverser une fâcheuse tendance: convaincre les jeunes Juifs francophones de Mont­réal, qui sont de plus en plus nombreux à tourner le dos au français et à aller vers l’anglais, que parler français c’est un plus et pas un moins.  Pour créer un courant de sympathie pour le français dans la Communauté juive anglophone de Montréal, l’A.I.U. est disposée à aider les Écoles juives anglophones à améliorer la qualité de leurs Programmes pédagogiques en français.

C.J.N.: Donc, l’enseignement du fran­çais est un enjeu majeur pour la Communauté juive de Montréal.

Jo Toledano: La conclusion de l’étude parrainée par la FÉDÉRATION CJA est très claire : la Communauté juive de Montréal n’a pas d’avenir si celle-ci n’adopte pas au moins la dimension linguistique de la  “Québécitude”, qui est un élément fondamental pour vivre au Québec. Il est impératif de convaincre les jeunes Juifs mont­réalais qu’on peut très bien parler  français sans perdre pour autant l’atout lingui­stique majeur que re­pré­sente la maîtrise de la langue anglaise. L’A.I.U. a accepté de s’associer à cet élément de stratégie communautaire très important. L’A.I.U. veut aider la Communauté juive de Mont­réal à trouver des réponses adéquates à la question du développement du fran­çais au sein de cette Communauté.

C.J.N.: L’A.I.U. a-t-elle bon espoir de conclure dans un proche avenir des Partenariats avec des Écoles juives anglophones de Montréal?

Jo Toledano: Les partenariats très pro­bables avec les Écoles juives non francophones de Montréal ou d’ailleurs porteront essentiellement sur les questions relatives à l’Identité juive. Nous pensons qu’un certain nombre de défis identitaires sont communs à toutes les Diasporas juives. Quel rôle l’École juive jouera-t-elle dans les années à venir dans le pro­cessus de transmission de l’héritage culturel et religieux juif? C’est une question fondamentale qui interpelle aujourd’hui toutes les Diasporas juives. L’A.I.U. a déjà amorcé en France une réflexion profonde sur cette question capitale. C’est un leurre de croire qu’on peut avoir des Yéchivas ayant l’apparence d’une École. L’École c’est l’École. Si des parents veulent scolariser leurs enfants dans une Institution éducative où l’enseignement prodigué est entièrement religieux, ils peuvent le faire librement. Mais, généralement, les parents qui choisissent l’École juive pour leurs enfants attendent que les Études générales dispensées soient d’une excellente qualité et que le Judaïsme enseigné soit sérieux, c’est-à-dire que l’apprentissage des textes hébraïques et de l’hébreu soit d’un haut niveau et non et pas basé sur des superstitions. Les Écoles juives anglophones juives de Montréal, avec qui nous avons des contacts réguliers, ont manifesté un grand intérêt pour partager cette réflexion avec l’A.I.U.

C.J.N.: L’Enseignement supérieur est aussi une grande priorité pour l’A.I.U.

Jo Toledano: Depuis 2010, année de l’accession à la Présidence de l’A.I.U. de Marc Eisenberg, l’Enseignement supérieur est un élément très important dans la Philosophie éducative de l’A.I.U. Depuis un an et demi, nous avons commencé à réfléchir aux répercussions de la disparition progressive des enseignements centrés sur le Judaïsme dans les Universités. En France et en Israël, les Chaires de Judaïsme ferment les unes après les autres. Il semble que ce soit une tendance générale. Or, à l’A.I.U., nous sommes résolument convaincus que le Judaïsme peut cohabiter dans une certaine mesure avec les Universités. C’est pourquoi, en France, l’Institut européen Emmanuel Levinas de l’A.I.U. a conclu des Accords de Partenariats avec l’Université Paris-VII Denis Diderot -une Institution universitaire qui compte 26000 étudiants et offre un environnement scientifique, intellectuel et culturel excep­tion­nel- et l’Université de Nice Sophia Antipolis. Ces deux Partenariats ont donné lieu à la création d’un Diplôme universitaire (D.U.) et d’Uni­tés d’Enseignement libre (U.E.L.) portant sur des Enseignements et des validations académiques regroupés sous le titre générique “Humanités juives”. En Partenariat avec l’Université de Nice Sophia Antipolis, l’Institut européen Emmanuel Levinas propose aussi un Diplôme universitaire de Langue et de Civilisation hébraïques. En Israël, nous avons établi un Partenariat académique avec le Campus francophone du Netanya Academy College pour créer une Unité d’Enseignement libre (U.E.L.) en “Humanités juives” et organiser un Cycle de conférences sur le thème “Dérives et Repères”. Nous venons aussi de sceller un premier Partenariat avec l’Académie des Sciences de Pologne et le Centre de Civi­li­sa­tion française de l’Université de Varsovie pour offrir, durant un an, un Séminaire sur la pensée d’Emmanuel Levinas. Notre objectif est de développer progressivement, étape par étape, un Programme d’Étude et un Cursus académique complet. Au Québec, l’A.I.U. est en pourparlers avec l’Université de Montréal pour explorer la posibilité d’instaurer prochainement une coopération académique entre l’Institut européen Emmanuel Levinas et cette Institution universitaire francophone québécoise.

 

In an interview, Jo Toledano, director general of the Alliance Israélite Universelle, talks about the AIU’ s efforts to partner with Montreal Jewish schools and Quebec’s francophone universities.

The CJN print edition returns August 1.

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