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David Amiel, nouveau président de la FÉDÉRATION CJA

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David Amiel

Rien ne prédestinait David Amiel à assumer un jour l’exigeante fonction de président de la FÉDÉRATION CJA de Montréal.

Né il y a 43 ans d’un père Sépharade natif de Kénitra (Maroc), qui émigra au Canada en 1957, et d’une mère s’étant convertie au judaïsme, David Amiel a grandi dans un cadre familial juif traditionaliste. Mais, comme durant sa jeunesse, en Ontario, il n’a pas fréquenté une école ou des institutions communautaires juives, ni eut des amis de confession israélite, aucune attache ne le liait à une communauté juive organisée.

Son premier contact direct avec une communauté juive institutionnelle n’a eu lieu qu’en 2005, lorsqu’il contribua pour la première fois à la campagne de l’Appel juif unifié (AJU) de la FÉDÉRATION CJA. Il s’est par la suite impliqué comme bénévole au sein de cette institution fédérative.

En 2010, il participa, à titre de Madrich, à la Marche des vivants (March of the Living), un périple à travers les camps de la mort nazis, en Pologne, qui le bouleversera profondément et le marquera à tout jamais.

“Ce voyage en Pologne a changé ma vie radicalement. J’ai pris pour la première fois conscience de l’importance d’assumer fièrement mon judaïsme et de la force irrépressible de l’Histoire et de la Mémoire que les Juifs partagent en commun, peu importe où ils vivent dans le monde. Cette expérience m’a fortement bouleversé et interpellé. J’ai compris alors que je devais m’engager auprès de ma communauté pour assurer la pérennité de l’identité juive de mes enfants”, explique David Amiel en entrevue.

Son plus grand défi à la tête de la FÉDÉRATION CJA: mettre le plus d’emphase possible sur la prochaine génération.

“À la FÉDÉRATION CJA, la relève communautaire a toujours été une grande priorité. Nos jeunes sont les garants de l’avenir de notre communauté. Il est impératif que nous soyons à leur écoute. Aujourd’hui, les jeunes Juifs montréalais sont en quête de nouvelles opportunités, différentes de celles que leurs parents cherchaient à une autre époque. Ils sont fiers d’être membres d’une communauté juive dynamique, diverse et coriace. La majorité d’entre eux tiennent à bâtir leur vie à Montréal et à être pleinement intégrés dans les sociétés montréalaise, québécoise et canadienne. Nous sommes parfaitement conscients que pour qu’ils restent à Montréal, ils ont besoin d’occasions socio-professionnelles. La FÉDÉRATION CJA, à travers son programme GenMTL, investit beaucoup de ressources pour aider les jeunes adultes à avoir accès à des opportunités attrayantes: événements de réseautage professionnel, projets encourageant l’entrepreneuriat, forums d’échanges professionnels…”, explique David Amiel.

La FÉDÉRATION CJA fête cette année ses 100 ans. Un siècle riche en histoire et en réalisations de toutes sortes au cours duquel la communauté juive de Montréal n’a cessé d’évoluer et de changer, rappelle-t-il.

“La communauté juive montréalaise de 2017 est bien différente de celle d’il y a un siècle, un demi-siècle ou trente ans. Elle ne se caractérise plus par la dichotomie Sépharades-Ashkénazes. Désormais, notre communauté est très diverse. Ashkénazes, Sépharades, Russes, Israéliens, Éthiopiens, nouveaux immigrants de France et d’ailleurs… y cohabitent harmonieusement. Ce qui nous unit tous ce sont des traditions ancestrales profondes et une Histoire commune plurimillénaire. Cette riche diversité culturelle, dont nous devons tous être très fiers, est un énorme atout pour notre communauté. C’est un gage prometteur pour l’avenir.”

Un autre grand défi pour les dirigeants de la FÉDÉRATION CJA: trouver de nouvelles approches et de nouvelles ressources susceptibles de permettre d’évaluer l’impact concret des décisions prises.

“Nous devons mettre l’accent sur les résultats plutôt que sur les réalisations. Nos généreux donateurs souhaitent que leur contribution financière ait un impact tangible. C’est pourquoi il nous faut innover, penser autrement et accepter que même si on a toujours fait les choses d’une certaine manière, il doit y avoir d’autres façons de les faire.”

20 % des membres de la communauté juive de Montréal vivent sous le seuil de pauvreté.

L’objectif que la FÉDÉRATION CJA s’est fixé n’est plus seulement de prodiguer une aide matérielle à des personnes et des familles démunies, mais d’essayer de rompre concrètement le cycle de la pauvreté dans lequel celles-ci se débattent quotidiennement.

“Il faut trouver des approches et des voies innovantes pour lutter contre la pauvreté et atténuer la détresse existentielle quotidienne à laquelle sont confrontées les familles les plus défavorisées socioéconomiquement de notre communauté”, dit David Amiel.

Des initiatives inédites ont été mises en branle.

Par exemple, un étroit partenariat avec les Programmes résidentiels Kéhila Montréal, une organisation caritative enregistrée et indépendante, qui est une réponse communautaire aux demandes croissantes de membres et de familles de notre communauté à faible revenu souhaitant avoir accès à des logements à loyer modique.

Une aide accrue sera allouée aux survivants de la Shoah par le biais d’un nouveau Fonds spécial constitué grâce à la générosité d’une centaine de donateurs. 6,2 millions de dollars sur les 10 millions escomptés ont déjà été recueillis.

Autre dossier prioritaire: l’Éducation.

En 2016, 3 millions de dollars en subventions aux frais de scolarité ont été alloués à 53 % des élèves fréquentant les écoles juives.

“À Montréal, il est de plus en plus difficile pour des parents de scolariser leurs enfants dans des écoles juives. Nous cherchons de nouvelles approches pour alléger le fardeau financier de ces parents. C’est pourquoi nous avons institué il y a cinq ans le Fonds Générations afin de subventionner les frais de scolarité devant être défrayés par les familles à faible revenu. Par ailleurs, en 2016, 5 479 enfants ayant des besoins particuliers, et leurs familles, ont bénéficié de 18 programmes d’aide financés par la FÉDÉRATION CJA“, rappelle David Amiel.

Le partenariat avec Israël est aussi un dossier grandement prioritaire.

Depuis 25 ans, plus de 70 millions de dollars ont été investis par la FÉDÉRATION CJA dans une foule de projets à Beer Sheva.

“Notre partenariat avec Beer Sheva a eu un impact énorme et très concret. Il a contribué à forger des liens très forts entre les Juifs de Montréal et la communauté de cette cité du Sud d’Israël. Les quelque 1000 membres de notre communauté qui ont participé, en mai dernier, à la Méga Mission en Israël organisée par la FÉDÉRATION CJA ont pu constater de visu la profondeur et la solidité des liens qui nous unissent aux habitants de Beer Sheva. Ce furent des retrouvailles très émouvantes”, raconte David Amiel.

Le nouveau président de la FÉDÉRATION CJA souhaite ardemment qu’à la fin de son mandat, en 2019, la communauté juive de Montréal puisse refléter avec éclat sa riche diversité.

“Mes enfants ne s’identifient pas comme Sépharades ou Ashkénazes. Ils se considèrent avant tout Juifs. Je crois que c’est aussi le cas de la majorité des jeunes de notre communauté. Les clivages culturels et linguistiques qui ont divisé dans le passé notre communauté sont révolus. Nous devons tous bâtir à Montréal une seule communauté juive forte et très unie, tout en étant fiers de sa riche diversité culturelle. C’est la seule voie qui pourra assurer un avenir prometteur à nos enfants et petits-enfants.”

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