Gad Elmaleh au Centre Chabad de CSL

Gad Elmaleh au Centre Chabad de CSL

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De gauche à droite: Le Rabbin Mendel Raskin, Gad Bitton, Jacob Attias, Gad Elmaleh et Ronen Basal.

Gad Elmaleh n’a rien oublié.

Le plus célèbre humoriste de France et de la Francophonie, dont la carrière américaine bat son plein actuellement, est demeuré viscéralement attaché à ses racines identitaires judéo-marocaines.

Il l’a encore une fois prouvé, avec un talent artistique inouï, au Centre Chabad de Côte Saint-Luc, où il a offert une prestation mémorable, et des plus généreuses, au profit du Camp Ohr Menachem, organisé chaque été par cette institution orthodoxe, dirigée par le Rabbin Mendel Raskin.

Deux cents enfants participeront à ce camp de jour. Une foule d’activités socio-récréatives leur seront proposées.

Au cours de cette soirée bénéfice, dont le président d’honneur a été Gad Bitton, Gad a rendu un vibrant hommage au mouvement Chabad et à la famille Raskin.

Enfant, à Casablanca, Gad fréquentait assidûment le Centre Chabad établi dans cette ville du Maroc. Celui-ci était dirigé par le père du Rabbin Mendel Raskin, feu le Rabbin Yehuda Leib Raskin.

Arrivé à Casablanca en 1960, le Rabbin Yehuda Leib Raskin a été l’un des premiers émissaires du mouvement Chabad dépêchés à l’étranger par le Rabbi des Loubavitch, feu Menachem Mendel Schneerson.

Aujourd’hui, 4 500 émissaires du Chabad sont présents dans les quatre coins du monde.

“Gad Elmaleh est resté la personne affable, humble et très généreuse que nous avons connue à Montréal il y a une trentaine d’années. Son immense succès professionnel ne lui est jamais monté à la tête. À l’été 1982, Gad a participé, pendant trois semaines, à Settat, à un camp de nuit organisé par le Chabad. Il se rappelle encore du moindre détail de son séjour dans ce camp estival. À Casablanca, la famille Elmaleh était très proche de ma famille. Malgré un agenda professionnel très contraignant, Gad tenait à manifester sa profonde amitié et solidarité à l’égard du mouvement Chabad. Nous sommes très touchés par ce geste fraternel”, nous a dit le Rabbin Mendel Raskin.

La salle des fêtes du Centre Chabad de Côte Saint-Luc était pleine à craquer.

Pendant plus d’une heure, Gad a fait rire aux éclats ses nombreux fans présents avec ses gags désopilants. Il a enchaîné les vannes, en français et en anglais, à un rythme haletant. Une sublime soirée d’humour à la sauce 100 % judéo-marocaine,  durant laquelle il n’a pas manqué de tourner en dérision la “grande humilité” de certains Juifs marocains, et d’imiter, avec un talent époustouflant, l’accent yiddish du regretté Rabbin Yehouda Leib Raskin.

Cette figure de proue du mouvement loubavitch s’escrimait à convaincre les enfants fréquentant le Centre Chabad de Casablanca de l’importance cardinale d’accomplir quotidiennement les Mitzvot prescrites par la tradition juive.

Gad était plus que ravi de se retrouver dans une salle remplie de Marocains.

“C’est incroyable le feeling extraordinaire que je ressens chaque fois que je me retrouve face à un public de Marocains “pure laine”. Je me sens vraiment en famille!”, a-t-il lancé en s’esclaffant.

En guise de bonus, à la fin de son spectacle, il a fredonné la version arabe, “Hawaja Machiah!”, du célèbre hymne de ralliement des Loubavitch: “We wanted Machiah Now!”.

Le 17 mai, Gad a été l’un des artistes de renom qui ont participé, au Centre Bell, à un grand Gala soulignant le 375e anniversaire de Montréal.

Il sera de retour à Montréal le 16 juillet pour se produire, dans le cadre du Festival Just for Laughs, sur la scène du Centre Bell, aux côtés d’une icône de l’humour américain, son ami Jerry Seinfeld.

Lors d’une visite éclair à Québec, le premier ministre Philippe Couillard lui a décerné la plus haute distinction honorifique octroyée par le gouvernement québécois: l’Ordre national du Québec.

Gad est très attaché à son héritage identitaire et culturel judéo-marocain.

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C’est ce qu’il nous avait confié au cours de l’entrevue qu’il nous a accordée l’année dernière, à la veille de son premier one-man-show présenté en anglais à Montréal, dans le cadre du Festival Just for Laughs .

“Je me considère comme un humoriste sépharade marocain à 1 000 %. Je croyais qu’en présentant des shows entièrement en anglais mon identité sépharade et marocaine allait s’estomper. Au contraire, ma séphardité marocaine et mon identité juive ont rejailli avec force. Je suis profondément Sépharade, Juif et Marocain. C’est un statut identitaire, qui peut paraître complexe de prime abord, que bon nombre de Juifs et de Musulmans ont de la difficulté à saisir. Je reçois des commentaires sur les réseaux sociaux de Musulmans qui me reprochent de dire que je suis Juif. Ils veulent que je proclame haut et fort que je suis avant tout un Marocain. Des Juifs, pas très éclairés, me reprochent aussi de parler constamment du Maroc alors qu’à leurs yeux je suis avant tout un Juif. Je leur rappelle avec fierté que je suis Sépharade, Juif et Marocain. Cette culture magnifique dont nous, les Sépharades du Maroc, sommes porteurs est celle de nos prières avec des airs arabes, de nos mets exquis, de nos valeurs vigoureuses… Cette culture sépharade marocaine, c’est ma vie. Plusieurs langues parlent en moi. Je suis multiple. Je suis très fier de mes origines marocaines et de mon identité juive. Ces deux identités concomitantes me définissent.”

Cette soirée bénéfice pour le Centre Chabad de Côte Saint-Luc a été remarquablement bien organisée par Katia et Serge Dahan de Concept Duo.

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