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La Philanthropie sépharade à la FÉDÉRATION CJA

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Sylvain Abitbol

Les leaders de la Campagne sépharade de l’Appel juif unifié (AJU) de la FÉDÉRATION CJA de Montréal tableront désormais sur une nouvelle approche: la Philanthropie sépharade.

Celle-ci a trois grands objectifs:

  1-instaurer une culture philanthropique dans la communauté sépharade;

  2-la reconnaissance de l’importance des grandes familles philanthropes sépharades de Montréal;

   3-accroître l’impact de ces grandes familles sépharades donatrices sur le système organisationnel de la FÉDÉRATION CJA.

Sylvain Abitbol, ancien président de la FÉDÉRATION CJA et de la Communauté sépharade unifiée du Québec (CSUQ), sera le premier président de Philanthropie sépharade.

Il assumera cette fonction durant les deux prochaines années.

Le projet la Philanthropie sépharade a été avalisé par les instances dirigeantes de la FÉDÉRATION CJA.

“C’est une reconnaissance par la FÉDÉRATION CJA de l’importance de la philanthropie sépharade et du rôle, de plus en plus marquant, que celle-ci joue dans le paysage communautaire juif montréalais. Jusqu’à aujourd’hui, tous les efforts de la philanthropie sépharade convergeaient uniquement autour de la Campagne sépharade annuelle de l’AJU. Des leaders sépharades ne s’impliquaient que d’une manière ponctuelle, durant les quatre mois que dure la Campagne sépharade, pour solliciter des donateurs. La Philanthropie sépharade mise sur une approche à long terme, axée sur des stratégies à court, à moyen et à long terme, dont le but ultime est la croissance de la philanthropie sépharade et une implication plus importante des grandes familles sépharades donatrices auprès de la FÉDÉRATION CJA”, explique Sylvain Abitbol en entrevue.

La Philanthropie sépharade sera porteuse d’une vision innovatrice: sortir de la dynamique du don de charité pour instaurer auprès des membres de la communauté sépharade, et plus particulièrement auprès des grands donateurs, un “sentiment de forte appartenance à la FÉDÉRATION CJA”, souligne Sylvain Abitbol.

“Le but majeur est de sensibiliser à cette nouvelle culture philanthropique tous les éléments de la communauté sépharade qui ne s’identifient pas à la FÉDÉRATION CJA. Nous voulons les convaincre qu’il est important que toute contribution financière soit planifiée, soutenue et transmise dans un cadre structuré et de continuité, comme celui de l’AJU.”

Deux grandes priorités:

    1-identifier les donateurs sépharades, actuels et potentiels, dont la contribution à la Campagne sépharade serait de 50 000 $ et plus, pour les sensibiliser à cette nouvelle approche philanthropique et les encourager à s’impliquer comme chefs de file dans le processus de mise en œuvre de cet important projet.

     2-identifier les grands donateurs sépharades qui contribuent généreusement à diverses causes caritatives dans notre communauté (écoles, hôpitaux, fondations…) pour qu’ils adhèrent à cette nouvelle approche philanthropique.

LIRE AUSSI:FRÉDÉRIC DAYAN, PRÉSIDENT DE LA CAMPAGNE SÉPHARADE DE L’AJU

D’après Sylvain Abitbol, la Philanthropie sépharade est mise en branle à un moment charnière de l’histoire de la communauté sépharade de Montréal.

“La communauté sépharade de Montréal a atteint un niveau de maturité exceptionnel qu’aucun sociologue n’aurait pu prédire il y a quarante ou trente ans. Elle compte de grands et beaux succès dans tous les domaines professionnels: droit, médecine, affaires, high tech, universitaire… Les Sépharades ont pleinement réussi leur intégration dans les sociétés montréalaise, québécoise et canadienne. Leur communauté est un modèle encensé par nos concitoyens et les différents paliers de gouvernement. Au niveau mondial, on sent aussi un renouveau sépharade, aussi bien en Israël qu’aux États-Unis ou en France. C’est un grand mouvement qu’on ne peut pas éluder.”

Selon Sylvain Abitbol, la communauté sépharade de Montréal a connu au cours des dix dernières années une mutation profonde dont on n’a pas encore pris toute la mesure.

“Moi je suis issu de la première vague d’immigration. Celle dont les parents ont dû trimer très fort pour assurer la subsistance matérielle de leur famille. Quant aux gens de ma génération, ils n’avaient alors aucun repère, modèle ou base de référence. Aujourd’hui, nos enfants ont le luxe et le privilège d’avoir des repères et des références tangibles grâce au labeur remarquable accompli par leurs aînés. L’implication communautaire admirable des grandes familles ashkénazes est le produit d’une culture philanthropique transmise de génération en génération. Il n’y a pas de raison pour que les Sépharades n’en fassent pas de même. Ils ont aujourd’hui la capacité de devenir, à leur tour, des leaders de premier plan de notre communauté.”

Pour Sylvain Abitbol, le but cardinal de la Philanthropie sépharade est l’unité de la communauté juive de Montréal.

“Nous sommes un seul peuple juif, il n’y en a jamais eu deux. En Israël, nous retrouvons différentes saveurs politiques, sociales, idéologiques… Mais, en bout de ligne, les Israéliens ne constituent qu’un seul peuple confronté quotidiennement aux mêmes défis et menaces. L’unité, c’est ce qui a toujours fait la force du peuple juif tout au long de son Histoire. Si nous pouvons contribuer le moindrement à l’unification de notre communauté, nous aurons réussi notre grand pari. Tout doit démarrer de cet objectif très précis. Le reste en découlera. Nous devons bâtir à Montréal une communauté juive forte et très unie pour assurer un avenir juif et prometteur à nos enfants et petits-enfants. David Ben Gourion disait: “Est Juif celui dont les petits-enfants sont Juifs”. Cet adage des plus éloquents n’a jamais été aussi vrai qu’en cette deuxième décade du XXIe siècle.”

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