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L’Alliance israélite universelle en Israël, KIAH

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De gauche à droite: Orit Shulman, directrice des partenariats à KIAH, Philippe Elharrar, directeur général de KIAH-Canada, et Yehuda Maimaran, directeur général de KIAH.

L’équipe dirigeante de Kol Israël Haverim (KIAH) —www.kiah.org.il—, la branche israélienne de l’Alliance israélite universelle (AIU), était de passage à Montréal.

Fondée en 1860 à Paris, l’AIU est la plus importante institution éducative juive francophone mondiale.

Samuel Pinto, président de KIAH, le Dr Yehuda Maimaran, directeur général, et Orit Shulman, directrice en charge des partenariats et du développement dans le domaine non gouvernemental, ont rencontré des leaders de la communauté juive montréalaise, les dirigeants de plusieurs fondations communautaires canadiennes et visité l’École Maïmonide.

Depuis l’automne dernier, KIAH est active au Canada par le truchement de sa branche canadienne, KIAH-Canada, présidée par Ralph Benatar.

En Israël, KIAH offre deux types de programmes: ceux visant à atteindre l’excellence académique et ceux favorisant une éducation basée sur les traditions et les valeurs juives.

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Aujourd’hui, KIAH offre ses programmes éducatifs novateurs dans une centaine d’établissements scolaires israéliens. Quelque 50 000 élèves bénéficient chaque année du savoir-faire pédagogique de cette institution éducative réputée.

KIAH est très active dans les villes les moins nanties d’Israël, situées à la périphérie.

“L’excellence en éducation, les valeurs de justice sociale et les valeurs de tolérance, d’inclusion et de rapprochement inhérentes à la tradition sépharade constituent le socle de la philosophie éducative préconisée par KIAH. Cette vision de l’éducation puise son essence dans le remarquable modèle éducatif bâti par l’AIU. Dans un pays où le système scolaire est fortement polarisé entre une éducation orthodoxe et une éducation laïque, KIAH propose une troisième approche, non conventionnelle: un enseignement de qualité valorisant les valeurs cardinales de la tradition juive. La voie éducative proposée par KIAH contribue à rapprocher des segments de la société israélienne ayant peu de contacts. Il faut rappeler que la majorité des membres de la société israélienne ne campent pas dans les extrêmes mais au centre, et sont très attachés aux traditions juives”, nous a expliqué Yehuda Maimaran.

Cet éducateur chevronné, né à Mazagan, au Maroc, qui a fait son Aliya avec sa famille quand il avait trois ans, fondateur de deux grands projets éducatifs en Israël, Memizrach Shemesh Beith Midrash (la Maison d’étude) et Morasha (Héritage), a été l’un des membres de la Commission Bitton, instituée par le ministre israélien de l’Éducation, Naftali Bennett, pour formuler des propositions concrètes visant à mettre en valeur la contribution des Sépharades à l’histoire et à la culture d’Israël.

KIAH s’est fixé aussi comme mission de combattre, à travers l’éducation, les inégalités sociales dans la société israélienne.

“En Israël, regrettablement, une réalité irrécusable perdure encore: la corrélation existant entre le statut sociéconomique et l’origine ethnique. Les enfants des grandes villes du pays réussissent mieux leur scolarité que ceux vivant dans les villes de la périphérie ou les villes de développement du sud”, souligne Yehuda Maimaran.

Quand on compare les budgets investis en éducation dans les grandes villes à ceux alloués aux écoles dans les petites villes, on constate des écarts importants.

“Ces écarts peuvent être du double au triple. Par exemple, la municipalité de Tel Aviv octroie annuellement 22 000 shekels par élève; la municipalité de Yerouham seulement 10 000 shekels. Par ailleurs, dans les grandes villes, comme Tel Aviv, les parents ont une meilleure situation socioéconomique que ceux des cités moins prospères.”

L’une des missions principales de KIAH est de combattre ces inégalités criantes, rappelle Yehuda Maimaran.

Les dirigeants de KIAH espèrent bâtir un partenariat solide avec leurs homologues canadiens.

“Au Canada, la communauté sépharade francophone a depuis longtemps des liens étroits avec l’AIU. Elle est familière avec les valeurs éducatives prônées par cette institution. Nous croyons que plusieurs des programmes éducatifs offerts par KIAH intéresseront les Canadiens. Notamment ceux offerts aux nouveaux olims francophones ainsi que l’un de nos programmes les plus ambitieux et populaires, “Briser le plafond de verre”, qui a pour objectif d’encourager les filles provenant d’un milieu pauvre à s’orienter vers des filières scientifiques”, nous a dit Orit Shulman.

Le siège national de KIAH est établi au sein du domaine historique de Mikveh Israël, situé près de Tel-Aviv, où l’AIU a créé en 1870 la première école agricole du pays.

Le nouveau Campus Raymond Leven de Mikvé Israël, d’une superficie de 300 hectares, regroupe trois écoles: un établissement laïc, un établissement religieux et le Collège lycée franco-israélien Marcel et Lucette Drahi.

L’École de sourds-muets de Jérusalem est une autre institution éducative phare de KIAH. Fondée en 1930, cette institution, unique en Israël, dispense ses programmes à 90 élèves juifs, musulmans et chrétiens, âgés de 6 à 21 ans.