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Carole Laure, présidente du jury du Festival du cinéma israélien de Montréal

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Carole Laure, présidente du jury du Festival du Cinéma israélien de Montréal 2019.

Figure marquante des scènes cinématographique, musicale et artistique québécoises, Carole Laure est la présidente du jury de la 14e édition du Festival du cinéma israélien de Montréal (FCIM).

Organisée annuellement par la Communauté sépharade unifiée du Québec (CSUQ), cette manifestation culturelle mettant de l’avant la diversité et la richesse de création du cinéma israélien d’aujourd’hui se tiendra au Cineplex Forum du 26 mai au 5 juin.

Au programme: seize films, dont trois documentaires, et huit courts métrages d’une durée de dix à quinze minutes, qui seront présentés avant la projection du film principal de la soirée.

Réalisés par des étudiants des écoles de cinéma majeures d’Israël, ces courts métrages ont été primés par la Fondation de Jérusalem.

Tous les films sont sous-titrés en anglais. Parmi ceux-ci, cinq sont aussi sous-titrés en français.

L’édition 2019 du FCIM est coprésidée par Chantal et Gérard Buzaglo.

Une personnalité canadienne renommée du 7e art, le producteur Mel Hoppenheim, fondateur de la Cité du cinéma Mel’s, préside le comité d’honneur de cet événement.

Michel Zgarka est le délégué général du FCIM 2019.

Des critiques chevronnés de cinéma composent le jury, présidé par Carole Laure: Yann Zenou, producteur réputé, René Homier-Roy, journaliste et critique cinématographique à Radio-Canada, Mario Fortin, président-directeur général du Cinéma Beaubien et du Cinéma du Parc, et Corinne Benichou, chroniqueuse cinéma à Radio Centre-Ville.

Lors de la soirée de clôture, le jury primera les films les plus marquants ainsi que leurs artisans.

Chanteuse, actrice, réalisatrice et productrice de plusieurs films remarqués, Carole Laure, qui en 2003 a été vice-présidente du jury de la section Un certain regard au prestigieux Festival de Cannes, est ravie de présider le jury de la 14e édition du FCIM.

C’est son proche ami, le producteur et réalisateur Roger Frappier, qui a présidé le jury de la 13e édition du FCIM, qui a recommandé son nom au comité organisateur.

“Je suis ravie de participer à cette merveilleuse aventure cinématographique qu’est le FCIM. Merci à mon ami Roger Frappier qui m’a fortement encouragée à découvrir les nombreuses et riches facettes du très créatif cinéma d’Israël. Je suis d’autant plus ravie que j’apprécie particulièrement le cinéma d’auteur, qui me permet de découvrir des films extraordinaires qu’on n’a pas souvent l’opportunité de visionner. Les dix productions israéliennes que j’ai vues avec les autres membres du jury m’ont énormément plu. Elles relatent avec brio et une grande finesse divers aspects ardus de la vie quotidienne des Israéliens: les déboires amoureux, les drames familiaux, la vieillesse, la maladie, la désagrégation d’un couple et ses répercussions délétères sur les enfants… Ces films m’ont appris beaucoup de choses sur Israël et sur les Israéliens. Le cinéma d’auteur en Israël a une parenté avec le cinéma d’auteur au Québec. Certains thèmes sociaux abordés par ceux-ci se rejoignent. Dans les films israéliens que j’ai visionnés, il y a beaucoup d’humanité. C’est un regard très analytique et humain sur des thèmes sociaux puissants, qui nous interpellent fortement, abordés avec une grande sensibilité “, nous a dit Carole Laure en entrevue.

L’actrice et réalisatrice a été fortement impressionnée par la richesse de création et les qualités de réalisation, en particulier l’interprétation des acteurs, du cinéma israélien.

“Les films que nous avons visionnés sont le fruit d’un cinéma percutant, subtil et efficace qui émeut le spectateur. J’ai découvert des acteurs et des actrices extrêmement talentueux. J’ai beaucoup apprécié la réalisation de ces films. Découvrir le cinéma israélien m’a beaucoup enrichie culturellement et sur le plan humain. J’encourage les cinéphiles montréalais à découvrir à leur tour la vitalité et la grande originalité de ce cinéma qui est aujourd’hui encensé aux quatre coins du monde.”

Pour Yann Zenou, producteur de nombreux films, dont plusieurs ont connu un énorme succès international — Billy Elliot, Le Journal de Bridget Jones, Intouchables… — les grands atouts du cinéma israélien d’aujourd’hui sont son énergie, l’originalité de ses scénarios, l’excellent jeu de ses acteurs, son audace à traiter ouvertement des sujets encore tabous dans d’autres sociétés: l’homosexualité, la violence conjugale…

“Depuis quelques années, Israël fait preuve d’énormément de créativité dans le domaine cinématographique. Par ailleurs, les séries israéliennes, diffusées et célébrées dans le monde entier, sont excellentes. À l’instar d’autres cinémas nationaux, le cinéma d’Israël est le miroir de sa société. Il aborde sans détour, avec audace et perspicacité, des problématiques sociales, existentielles et politiques fortes.”

Le principal credo du cinéma israélien d’aujourd’hui est qu’en démystifiant un pays et sa société, on parvient à réaliser des films plus puissants sur le plan émotionnel

D’après Yann Zenou, le succès fulgurant que le cinéma israélien connaît depuis le début des années 2000 réside dans deux recettes :

La première: le cinéma israélien a des choses fortes à dire et à exprimer. La deuxième: les réalisateurs israéliens ont compris comment exprimer très tangiblement ces choses pour émouvoir le public.

Cette année, au FCIM, les drames sociaux prédomineront.

Le film de clôture, le 5 juin, Noble Savage, réalisé par Marco Carmel, qui sera présenté avec des sous-titres en anglais, est un drame social fort poignant qui relate le combat quotidien mené par un adolescent de 15 ans, aux prises avec des troubles alimentaires, pour rapprocher les membres de sa famille implosée vivant dans un quartier miteux de Tel-Aviv.

Plusieurs films et documentaires à connotation politique seront aussi au menu.

Le film d’ouverture, le 26 mai, The Unorthodox, réalisé par Eliran Malka, sous-titré en anglais et en français, est une comédie à saveur politique qui retrace l’histoire de la création du parti politique ultra-orthodoxe sépharade Shass.

Les relations entre Juifs et Arabes en Israël et le conflit israélo-palestinien sont deux problématiques cardinales non abordées dans les films à l’affiche cette année.

“À mon avis, ce n’est pas une lacune que le conflit israélo-palestinien et les relations entre Juifs et Arabes israéliens ne soient pas traités dans la cuvée de films et documentaires au programme du FCIM 2019. Ces problématiques importantes sont déjà traitées sublimement dans des séries télévisées israéliennes, notamment Fauda. Cette année, on projetera des films qui mettent plus l’emphase sur des problèmes sociétaux. Ce n’est pas une carence parce que ça normalise la société israélienne. On s’aperçoit que, finalement, même si Israël est un pays relativement jeune confronté à de grandes menaces, plusieurs des problèmes vécus par les Israéliens au quotidien sont les mêmes que ceux auxquels font face d’autres peuples”, explique Yann Zenou.

Pour plus d’informations sur le programme du FCIM 2019, visitez le site Web : fcim.ca