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Gregory Azancot, président de l’Association de droit Lord Reading

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Gregory Azancot

L’avocat Gregory Azancot est le nouveau président de l’Association de droit Lord Reading, instance représentative des juristes juifs du Québec.

Diplômé en droit de l’Université de Montréal, membre du Barreau du Québec depuis 1995, avocat spécialisé en droit corporatif, en litiges commerciaux et civils et en droit immobilier, Gregory Azancot siège dans plusieurs comités du Barreau du Québec et du Barreau de Montréal.

Il nous a accordé une entrevue.

Assumer la présidence de l’Association de droit Lord Reading est-ce un grand défi pour vous ?

Je me sens très honoré d’avoir été nommé président de cette remarquable association de juristes juifs fondée il y a 71 ans. C’est un avocat senior membre de l’association, Donald Michelin, qui m’a convaincu de m’impliquer au sein de celle-ci. L’Association Lord Reading a connu un essor important ces dernières années. Elle jouit d’une notoriété établie au sein de la communauté juridique montréalaise. Le défi que je devrai relever est important: suivre les traces de mes admirables prédécesseurs afin d’assurer la pérennité de cette association. Un défi que je compte relever avec le précieux appui d’une équipe de bénévoles extraordinaires passionnés par les enjeux juridiques.

Pourquoi, en 1948, des juristes juifs québécois ont-ils décidé de fonder l’Association Lord Reading ?

Notre association est la résultante d’une politique discriminatoire instituée à l’encontre des Juifs dans le Québec des années 30 et 40. En 1948, le Barreau du Québec avait décidé de tenir sa convention annuelle au Lodge Mont-Tremblant, un lieu de villégiature situé dans les montagnes des Laurentides. À cette époque, à l’instar d’autres établissements privés, le Lodge Mont-Tremblant avait adopté un règlement abject : “Ne pas accepter les Juifs ni les chiens”. Cet épisode antisémite sinistre a contraint les avocats juifs à former leur propre association afin de faire valoir leurs droits et intérêts. C’est ainsi qu’a vu le jour l’Association Lord Reading.

Présentez-nous l’Association Lord Reading.

Elle compte plus de 300 membres. Il n’existe pas l’équivalent ailleurs au Canada. Ses dirigeants s’impliquent tous à titre de bénévoles. Personne n’est rémunéré. Notre conseil d’administration est composé d’une trentaine de membres, dont les anciens présidents de l’association. La cotisation annuelle de nos membres est de 125 dollars. Le principal mandat de l’Association Lord Reading est de promouvoir les droits de la personne et les libertés fondamentales. Les événements que nous organisons sont inclusifs. De nombreux membres de la communauté juridique de Montréal, provenant de divers horizons culturels, y participent assidûment. Nous invitons pendant l’année des personnalités marquantes du monde juridique et politique: juges de la Cour suprême du Canada et de la Cour suprême des États-Unis, avocats renommés, anciens premiers ministres du Canada, juristes israéliens réputés… Nos activités attirent entre 150 et 600 personnes. Nos soirées sont devenues des occasions privilégiées de rencontre et de réseautage.

Quels sont les principaux événements que vous organisez ?

Nous organisons plusieurs soupers-conférences par année. Soucieux de respecter les préceptes de la cacherout, ils se tiennent à la Congrégation Shaar Hashomayim. Nos principaux événements sont: le Alan B. Gold Advocay Lecture, le Henry Steinberg Memorial Lecture, conférence dédiée à un sujet traitant des droits humains, un souper étudiant, une conférence organisée en étroite collaboration avec le Consulat général d’Israël à Montréal, dont l’hôte d’honneur est une personnalité majeure du monde juridique israélien…

Vous invitez comme conférenciers de grosses pointures du monde juridique.

Parmi les conférenciers de marque que nous avons conviés ces dernières années: la majorité des juges de la Cour suprême du Canada, Stephen Breyer, juge à la Cour suprême des États-Unis, Brian Mulroney et Jean Chrétien, anciens premiers ministres du Canada, Jean Charest, ancien premier ministre du Québec, Mitch Garber, avocat et homme d’affaires réputé, Arielle Meloul-Wechsler, première vice-présidente Employés et Culture d’Air Canada… L’année dernière, nous avons reçu un invité de marque d’Israël, Salim Jubran, le premier juge arabe à siéger à la Cour suprême d’Israël. Nous accueillerons prochainement Robert Leckey, doyen de la Faculté de droit de l’Université McGill, le juge Russell Brown, de la Cour suprême du Canada, Ken Dryden, avocat, ex-ministre fédéral et ancien joueur vedette des Canadiens de Montréal, l’avocate Marie Henein…

De jeunes avocats participent-ils à vos événements?

Oui. La relève est une priorité pour notre association. C’est pourquoi nous encourageons sans cesse les jeunes avocats et notaires montréalais à participer à nos événements. Ils constituent l’avenir de notre profession. Cette année, j’ai nommé trois nouveaux membres à notre conseil d’administration, dont deux jeunes avocates. Par ailleurs, notre association soutient un grand événement annuel, le souper du Shabbat à la Congrégation Spanish & Portuguese, organisé par l’Association des étudiants juifs en droit de l’Université de Montréal (AEJD). De nombreux étudiants en droit non juifs prennent part à cet événement. Un juriste réputé est le conférencier de marque de la soirée. L’Association Lord Reading décerne chaque année des prix, assortis d’une bourse, à des étudiants de toutes les facultés de droit du Québec et de l’Université d’Ottawa s’étant particulièrement distingués sur le plan académique. Notamment, le prix de la ministre de la Justice du Québec. Cette distinction est remise à l’un de nos jeunes membres bénévoles s’étant distingué par son implication au sein de notre association par le, ou la, ministre de la Justice du Québec.

L’avocate Inna Nekhim remettant à Gregory Azancot l’insigne de président de l’Association de droit Lord Reading.

Votre association a présenté dernièrement un mémoire sur le projet de loi 21 sur la laïcité de l’État québécois. Votre objectivité n’est-elle pas remise en question lorsque vous prenez position sur des sujets juridiques ou sociaux épineux?

Que les choses soient claires: notre association est apolitique. Elle prend uniquement position sur des questions strictement juridiques. Ce sont les membres du Comité des droits de la personne de notre association, tous des juristes chevronnés, qui ont rédigé le mémoire sur le projet de loi 21 que nous avons soumis à l’Assemblée nationale du Québec. La position des membres de l’Association Lord Reading sur cette question est des plus limpides: nous sommes opposés à l’adoption de cette loi sur la laïcité de l’État parce que nous estimons que celle-ci a été mal rédigée en termes de droit et bafoue des principes élémentaires juridiques garantissant les droits des groupes minoritaires.

Pour plus d’informations sur l’Association de droit Lord Reading, consulter le site Web: www.lordreading.org

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