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Le plan de paix de Donald Trump: “deal du siècle” ou “marché de dupes” ?

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Le plan de paix pour le Proche-Orient proposé par le président des États-Unis, Donald Trump, a-t-il des chances d’être mis en œuvre ou sera-t-il vite expédié aux oubliettes?

Nous avons posé la question à deux analystes chevronnés du conflit israélo-palestinien: le journaliste Stéphane Amar et le politologue Emmanuel Navon.

Stéphane Amar

Journaliste établi à Jérusalem depuis plus de 15 ans, Stéphane Amar couvre le conflit israélo-palestinien et l’actualité moyen-orientale pour des médias francophones, dont la chaîne de télévision franco-allemande Arte, le magazine français L’Express et la Radio télévision suisse (RTS). Il est l’auteur de deux livres remarqués sur le conflit israélo-palestinien: Les meilleurs ennemis du monde. Israéliens et Palestiniens, entre voisins (Denoël, 2008) et Le grand secret d’Israël. Pourquoi il n’y aura pas d’État palestinien (Éditions de l’Observatoire, 2018).

Emmanuel Navon

Emmanuel Navon est maître de conférences en relations internationales à l’Université de Tel-Aviv et au Centre interdisciplinaire de Herzliya, chercheur à l’Institut de Jérusalem pour la Stratégie et la Sécurité (un groupe de réflexion sur la politique étrangère) et au Forum Kohelet (un groupe de réflexion sur les politiques publiques). Il est aussi analyste politique pour la chaîne d’information en continu israélienne i24NEWS.

Le plan de paix de Donald Trump est-il le “deal du siècle” ou un “marché de dupes”?

Stéphane Amar: Ce plan de paix est une porte ouverte vers l’annexion par Israël de ses implantations en Cisjordanie. L’ambassadeur des États-Unis en Israël, David Friedman, a été explicite à ce sujet quelques jours avant le dévoilement du plan. Il a déclaré: “Il faut tout de suite, sans attendre, commencer à annexer une partie des territoires de la Cisjordanie”. Mais qui dit “annexion partielle” dit “annexion totale”. C’est un processus inexorable de long terme indépendant des échéances électorales et de la couleur politique des majorités au pouvoir en Israël. La dynamique de ce processus est régie par le “hard power”, c’est-à-dire par deux facteurs fondamentaux: la démographie et les rapports de force militaires. Or, sur ces deux aspects, Israël est complètement dominant. Sur le plan démographique, il y a de plus en plus de Juifs sur le territoire s’étendant de la mer jusqu’au Jourdain. Sur le plan militaire, la domination d’Israël est écrasante. Aujourd’hui, le seul réservoir géographique, non situé aux confins du Néguev, où Israël peut construire, s’étendre et loger sa population active, se trouve tout près des centres urbains, et de la fameuse “Start-up nation”, la Silicon Valley israélienne sise entre Tel-Aviv et Haïfa, jouxtant les territoires palestiniens occupés. L’annexion est un impératif de survie pour Israël.

Emmanuel Navon: Ma première réaction a été de lire très attentivement le plan proposé par le président Donald Trump. Ça m’a pris du temps parce qu’il est exposé dans un document de 181 pages. Malheureusement, la plupart des médias ont dénaturé, ou caricaturé, ce plan. Celui-ci est extrêmement détaillé, son contenu contraste fortement avec celui décrit dans les médias occidentaux, notamment européens. En réalité, ce plan n’est pas tellement différent des plans précédents proposés par les administrations Bush, Clinton et Obama. La principale différence réside dans la taille des annexions territoriales respectives. J’insiste sur le mot “respectives” parce que les détracteurs d’Israël ne cessent de claironner que ce plan ne prévoit que des annexions israéliennes. Or, il prévoit également des annexions palestiniennes de territoires sous juridiction israélienne, de la même taille que celles qui seront consenties à Israël.

Le 28 janvier dernier, les Palestiniens étaient les grands absents de la cérémonie organisée à la Maison-Blanche par Donald Trump pour dévoiler son plan de paix. Peut-on réellement parler de paix quand l’un des principaux acteurs de ce conflit brille par son absence?

S. Amar: C’est un abus de langage de parler de plan de paix. La conférence de presse à la Maison-Blanche en disait long. Seul Benyamin Netanyahou s’est rendu à cette rencontre avec le président Trump. Quand on fait la paix, on ne la fait pas tout seul. Il faut un partenaire en face. Ce n’est pas un plan de paix. C’est simplement un coup de pouce que Trump, et à travers lui les évangéliques américains, donnent à Netanyahou pour poursuivre la colonisation des territoires palestiniens occupés et concrétiser leur annexion.

E. Navon: Les Palestiniens ont été invités par Trump à Washington. C’est Mahmoud Abbas qui refuse de répondre aux appels téléphoniques du président américain. Depuis que ce dernier a transféré l’ambassade des États-Unis à Jérusalem, l’Autorité palestinienne refuse d’avoir le moindre contact avec l’administration Trump. En plus, le gendre de Trump, Jared Kushner, principal concepteur de ce plan de paix, et son conseiller juridique, Jason Greenblatt, étant Juifs, Abbas considère que celui-ci a été entièrement élaboré par des Juifs qui ont exclu délibérément les Palestiniens. Les leaders palestiniens ont rejeté catégoriquement ce plan, bien avant sa présentation, alors que le contenu est très favorable pour le peuple palestinien. Il prévoit une sorte de Plan Marshall de 50 milliards de dollars US pour les Palestiniens. En plus de cette manne financière énorme, les Palestiniens obtiendront un État qui sera édifié sur un territoire dont le tracé est différent de ceux de l’actuelle Cisjordanie et de la bande de Gaza, mais dont la taille est similaire.

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Quels territoires d’Israël le plan Trump prévoit-il rétrocéder aux Palestiniens?

E. Navon: Israël annexerait entre 20 et 30 % de la Cisjordanie. Les Palestiniens recevront en contrepartie une compensation territoriale au sein de l’État d’Israël. Ils annexeraient un territoire important situé au sud de la ligne verte et à l’ouest de la mer morte et deux territoires de taille situés au sud de la bande de Gaza, à la frontière entre Israël et l’Égypte. En 2008, l’ancien premier ministre d’Israël, Ehud Olmert, avait déjà proposé cet échange de territoires, refusé par les Palestiniens. Celui-ci n’est pas évident parce que la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU n’exige pas d’Israël un retour aux lignes d’armistice d’avant 1967. Israël n’est pas obligé d’accepter cette exigence palestinienne, mais le plan Trump l’avalise d’une certaine manière.

S. Amar: Ce plan n’octroie aux Palestiniens que 14 % de la Palestine historique, Gaza compris. Il ne reste plus grand-chose pour eux. Ce n’est pas étonnant qu’ils se sentent humiliés. On ne leur donne que des miettes, avec une souveraineté extrêmement limitée. C’est pourquoi ils se sont très peu mobilisés. Les Palestiniens, qui vivent au quotidien l’occupation, qui voient l’extension des colonies israéliennes, savent très bien que la marche de l’Histoire et la dynamique des rapports de force ne s’acheminent pas vers la création d’un État palestinien, mais au contraire vers une absorption de la Cisjordanie par Israël. N’importe quel observateur honnête et lucide peut le constater de visu. C’est un enterrement de l’État palestinien, pas de première classe, mais de deuxième ou troisième classe. Les Palestiniens en sont bien conscients.

La réaction des Palestiniens à ce plan de paix américain n’a pas été aussi véhémente que l’espéraient les dirigeants palestiniens. Comment expliquer cette retenue?

S. Amar: Les Palestiniens sont extrêmement isolés, ils le savent. Il n’y a guère plus que l’Iran et la Turquie qui soutiennent réellement la cause palestinienne pour des intérêts assez contradictoires et pas toujours très clairs. La population palestinienne n’a pas réagi négativement à ce plan. J’étais en reportage à Ramallah au moment où Trump en a dévoilé les grandes lignes. Il y avait seulement quelque 200 Palestiniens à une manifestation appelée par Mahmoud Abbas. Ce jour-là, il y a eu très peu d’affrontements avec l’armée israélienne aux postes-frontières. La plupart des Palestiniens acceptent de facto ce plan. En tous cas, c’est ce qu’ils montrent, même si le leadership palestinien s’y oppose vigoureusement pour des raisons qu’on peut comprendre.

E. Navon: Mahmoud Abbas ne contrôle plus rien. Il est très impopulaire auprès des Palestiniens. La rue palestinienne l’exècre et ne lui fait plus confiance. La dernière fois qu’il a été élu pour un mandat de 4 ans, c’est il y a 15 ans. Il n’a pas organisé de véritables élections démocratiques depuis. Son régime totalitaire et des plus corrompus lui a permis, ainsi qu’à ses proches, de s’enrichir grotesquement. Le plan de Trump prône l’éviction du Hamas de la bande de Gaza. Mais comment se débarrasser de cette organisation terroriste qui, depuis 2007, règne sur Gaza d’une manière tyrannique? Chose certaine, on n’y parviendra pas par l’action du Saint-Esprit! Et, surtout, n’attendez pas qu’Israël lance une grande opération militaire d’envergure pour délivrer la bande de Gaza du Hamas. C’est un vœu pieux.

Les pays arabes ont réagi de manière plutôt tempérée au plan Trump. La majorité des pays occidentaux, notamment européens, se sont abstenus de le critiquer durement.

S. Amar: Les pays arabes, notamment l’Arabie saoudite, ont accueilli favorablement ce plan de paix. C’est quasiment un blanc-seing accordé à l’administration Trump. Le fait qu’ils ne s’y opposent pas est un facteur extrêmement important. Quant à la communauté internationale, elle a réagi positivement. Même Emmanuel Macron, qui représente l’un des pays occidentaux les plus propalestiniens, la France, a fait savoir qu’il examinera le plan avec attention. Il ne l’a pas du tout rejeté. Il a visiblement dicté au Quai d’Orsay la position à prendre dans ce dossier épineux, plus équilibrée cette fois-ci.

E. Navon: La réaction du monde arabe à ce plan est similaire à celle qu’il a eue, en 2015, lors de la signature de l’accord sur le nucléaire avec l’Iran. L’axe chiite et la Turquie sont contre, l’Arabie saoudite, les pays du Golfe et l’Égypte sont pour. Ce qui est quand même ironique, c’est que ce plan a obtenu le soutien des pays arabes alors que les médias et les faiseurs d’opinion européens ne cessent de le dénigrer depuis son dévoilement. Quant aux gouvernements européens, ils ont annoncé du bout des lèvres qu’ils l’examineront attentivement.

Ce plan de paix n’est-il pas ambigu sur la question sensible du statut de Jérusalem?

S. Amar: Là on touche vraiment à l’incohérence de ce plan. On dit aux Israéliens que Jérusalem restera leur capitale “une et indivisible” et, en même temps, on annonce que les Palestiniens pourront établir leur capitale nationale à Jérusalem-Est. Une position des plus paradoxales.

Le plan ne propose-t-il pas que la capitale de Jérusalem soit établie à Abou Dis, une petite ville palestinienne limitrophe de Jérusalem?

S. Amar: Pour les Palestiniens, Abou Dis est un village éloigné qui n’a rien à voir avec Jérusalem. Ils veulent établir leur capitale dans la même Jérusalem que celle des Juifs. C’est tout le tragique du conflit israélo-palestinien. Il y a dans le plan Trump des éléments à double langage. Il amorce un début de solution, mais il ne va pas jusqu’au bout. Je considère que ce plan est une espèce de transition, de porte ouverte vers l’annexion par Israël d’une partie des territoires palestiniens. La destination finale étant l’unité de tout le territoire situé entre la mer et le Jourdain.

E. Navon: En ce qui concerne le statut de Jérusalem, le plan est très clair. Jérusalem, dans ses frontières déterminées par Israël en 1967, restera la “capitale indivisible d’Israël”. Les parties de la ville situées à l’est ou au nord de la barrière de sécurité construite par Israël après la deuxième Intifada, qui ne correspondent pas exactement au tracé des frontières municipales, seront reconnues par le gouvernement américain comme le siège de la future capitale de la Palestine. Les États-Unis établiront leur ambassade dans cette partie de Jérusalem qui sera restituée aux Palestiniens.

Ce plan clarifie-t-il des points qui jusque-là étaient ambigus, ou ajoute-t-il des points qui étaient inexistants, dans les plans de paix pour le Proche-Orient proposés par les prédécesseurs de Donald Trump?

E. Navon: Absolument. Sur la question de Jérusalem, le plan réitère très clairement ce que mentionnait déjà la lettre que George Bush avait adressée à Ariel Sharon en 2004, et que le gouvernement Obama avait refusé d’entériner: que les États Unis reconnaissent que la résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU n’exige pas un retrait complet israélien aux lignes d’armistice de 1949. Deuxième point d’éclaircissement majeur: pour la première fois, un plan de paix proposé par un gouvernement américain reconnaît le fait, complètement éludé jusqu’ici par les administrations précédentes, qu’en 1948, il y a eu des réfugiés arabes et aussi des réfugiés juifs. En effet, au lendemain de la création d’Israël, un million de Juifs ont été expulsés des pays arabes où ils vivaient depuis des lustres. Le droit au retour revendiqué par les Palestiniens est un fantasme. En revanche, il y aura une compensation financière pour les réfugiés arabes et juifs.

Ce plan de paix ne rend-il pas quasiment impossible la mise en œuvre de la solution à deux États?

S. Amar: C’est la tombée définitive du rideau de cette sinistre farce qu’est la solution à deux États. Je pense qu’aujourd’hui tout le monde se rend compte qu’on ne peut pas diviser ce territoire minuscule en deux États. On ne peut pas bâtir un grand Gaza en Cisjordanie. Ce serait complètement suicidaire pour Israël. Par ailleurs, les Palestiniens ne veulent pas être coupés des lieux fondateurs de leur identité que sont Jaffa, dans la banlieue de Tel-Aviv, Haïfa, Lod, Ramleh, Nazareth, autant de villes qui se trouvent dans les frontières de 1967. Les Palestiniens ne veulent pas non plus du grand mur qu’Israël a construit après la seconde Intifada. Tout comme les Israéliens, ils veulent aussi un grand État national. Le plan Trump continue à employer le terme “État palestinien”. C’est évident que ce terme est complètement vide de sens. En effet, ce que Trump propose aux Palestiniens, c’est un État sans armée, sans diplomatie, qui n’aura aucun contrôle de ses frontières, ni de son espace aérien. C’est évident qu’on ne parle pas du tout d’un État indépendant, mais d’une zone autonome complètement biscornue. La seule issue crédible et humaine à ce conflit, c’est l’annexion de la Cisjordanie et la création d’un grand État entre la mer et le Jourdain, avec un État palestinien indépendant à Gaza.

E. Navon: Après moult échecs, on constate aujourd’hui que la solution à deux États n’est pas la panacée miracle pour régler ce conflit centenaire. Le fait que l’administration Trump ne semble pas se diriger vers une répétition des erreurs du passé devrait être salué plutôt que condamné. Détrompons-nous! La solution à deux États étant devenue la religion des deux États, permettez-moi de blasphémer! L’épouvantail démographique exhibé par les partisans zélés de la solution à deux États ne fait plus frémir les Israéliens. En 2019, les Juifs constituaient plus des deux-tiers de la population établie entre la Méditerranée et le Jourdain (presque 70 %). Lorsque Israël a déclaré son indépendance en 1948, la proportion était exactement inverse (33 % de Juifs). En 1900, les Juifs constituaient une minorité: 8 % seulement. Donc, jusqu’à présent, le temps joue pour les Juifs. La question est de savoir si cette tendance s’accentuera dans les années à venir. Sur la base des dernières données démographiques, la réponse est oui.

Ce nouveau plan de paix américain, favorable à Israël, aura-t-il des incidences concrètes sur la campagne électorale de Benyamin Netanyahou et de son parti, le Likoud?

S. Amar: Le “timing” est très clair. Il y a un double intérêt électoral. Netanyahou fera de nouveau face aux urnes le 2 mars prochain. Trump a besoin de rassembler et de donner des gages à sa base électorale évangélique en vue des élections présidentielles de novembre prochain. Est-ce que cet appui inconditionnel de Trump à Netanyahou aura des retombées positives sur la campagne électorale de ce dernier? Rien n’est moins sûr. Les adversaires de Netanyahou ne critiquent pas sa politique étrangère. Au contraire, ils reconnaissent que son bilan est excellent dans ce domaine, y compris Benny Gantz. Il y a beaucoup de sympathie pour Trump au sein du parti Bleu-Blanc. Gantz aussi a été invité par Trump à la Maison-Blanche pour discuter du plan de paix. Si Netanyahou est critiqué par une partie de l’opinion publique israélienne, c’est essentiellement en raison des affaires de corruption auxquelles il fait face et des soupçons qui planent sur lui. Il y a aussi un autre phénomène qui joue contre lui dans cette élection: l’usure du pouvoir. Cela fait plus de 10 ans qu’il est aux manettes de l’État d’Israël. Si on ajoute son premier mandat, ça fait presque 14 ans. Beaucoup d’Israéliens se sont lassés de lui.

E. E.Navon: Les sondages sont clairs: les deux grands blocs, Likoud et Bleu-Blanc, ne bougent pas en ce qui a trait aux intentions de vote en vue du scrutin du 2 mars prochain. Bleu-Blanc a toujours une avance de deux ou trois mandats sur le Likoud. Si Netanyahou pouvait annexer les territoires palestiniens avant l’élection, cela pourrait lui rapporter quelques mandats de plus à droite. Mais il est très peu probable que ce scénario se concrétise. Le conseiller juridique du gouvernement israélien, Avichai Mandelblit, a mis en garde Netanyahou contre ce projet d’annexion estimant qu’un gouvernement transitoire n’a pas la légitimité pour le mettre en branle.

Le principal rival politique de Benyamin Netanyahou, Benny Gantz, appuie aussi fortement le plan Trump.

E. Navon: Benny Gantz n’avait pas d’autre choix que de soutenir cette initiative de paix américaine très bien accueillie par la grande majorité des Israéliens. Pour attirer l’électorat centriste et ne pas faire fuir l’électorat de gauche, Gantz a déclaré qu’il faut que ce plan soit un “package deal” (“un forfait”), c’est-à-dire: accepter pas uniquement les annexions de territoires palestiniens par Israël, mais également la création d’un État palestinien. Pour embarrasser Netanyahou et le Likoud, il veut que ce souhait prenne la forme d’une résolution soumise à un vote à la Knesseth avant le 2 mars.

S. Amar: Benny Gantz a accueilli aussi favorablement le plan Trump. Mais il faut comprendre que ce plan n’est qu’une autre étape de l’histoire du conflit israélo-palestinien qui dépasse complètement les dirigeants politiques israéliens. Les enjeux et la pression démographiques, et la pression militaire, sont tels que le scénario d’un État palestinien ne se réalisera jamais, quel que soit le leader politique israélien au pouvoir. Si demain, un premier ministre du parti d’extrême gauche, Meretz, était à la tête du gouvernement d’Israël, il aurait à gérer la saturation de la bande côtière, donc à trouver du foncier. Or, ces terres, on ne peut les trouver qu’en Cisjordanie. La nature même du rapport de force entre Israéliens et Palestiniens conduit forcément à l’abandon de la solution à deux États.

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