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‘Les Palestiniens veulent la destruction d’Israël’

2005
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Emmanuel Halperin
Emmanuel Halperin

Après avoir mené une brillante carrière journalistique à la Télévision et à la Radio israéliennes, Emmanuel Halperin enseigne ces jours-ci la littérature française à l’Université de Tel-Aviv.

Des cours qu’il dispense en hébreu à des jeunes universitaires israéliens fascinés par les œuvres de Molière, de Victor Hugo, d’Alexandre Dumas…

Ce grand amoureux de la langue et de la culture françaises est ravi que la Francophonie connaisse depuis quelques années un vif regain en Israël.

“C’est merveilleux d’entendre parler de plus en plus le français dans les rues de Tel-Aviv, de Jérusalem, de Haïfa, de Batyam… La Francophonie est certainement une grande richesse pour Israël et sa culture”, nous a dit Emmanuel Halperin en entrevue depuis sa résidence à Jérusalem.

Né en Ouzbékistan -une ancienne République de l’Union soviétique- en 1943, Emmanuel Halperin a fait son Aliya en 1961, à l’âge de 19 ans.

Il est le neveu de l’ancien Premier ministre d’Israël, feu Menahem Begin.

Emmanuel Halperin a été le Rédacteur en chef des informations internationales à la Radio nationale Kol Israël et l’animateur pendant plusieurs années d’une émission culturelle très populaire diffusée en fin de soirée à la Télévision israélienne, Mehayom LeMahar.

Cet intellectuel polyglotte -il parle couramment cinq langues: l’hébreu, l’anglais, le français, le russe et le polonais-  a été aussi l’animateur d’un jeu-quiz hebdomadaire sur l’Histoire, Hatzofen, diffusé par la 1ère Chaîne de la Télévision israélienne, qui a attiré une très large audience.

Passionné de théâtre, il a interprété en 2003 le rôle du philosophe grec Socrate dans la pièce “Crito”, qui a connu un grand succès en Israël.

En 2008, il a joué le rôle d’un agent du Mossad dans la série de télévision mondialement célèbre Hatzoufim -la très populaire télésérie américaine Homeland est une adaptation de cette série d’espionnage israélienne.

Au début des années 90, Emmanuel Halperin a assumé des fonctions diplomatiques. Il a été Chargé des Affaires culturelles à l’Ambassade d’Israël à Paris.

Analyste chevronné de l’actualité politique israélienne et du conflit israélo-palestinien, Emmanuel Halperin nous a livré ses vues sur la situation très tendue qui sévit aujourd’hui en Israël et sur les perspectives des négociations entre Israël et les Palestiniens, au point mort depuis presque deux ans.

“Je doute beaucoup que les Palestiniens aient comme objectif la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël. N’esquivons pas la réalité. Le principal objectif des Palestiniens est la destruction d’Israël”, lance-t-il tout de go.

Pour atteindre cet objectif macabre,  ajoute-t-il, les Palestiniens tablent sur une stratégie très perverse: laisser pourrir la situation en essayant de mettre Israël au ban des nations afin de créer les conditions propices pour ériger non pas un État binational israélo-palestinien, mais un État où il n’y aurait qu’une majorité arabe sous la gouverne d’Israël.

Quant à la situation à Gaza, les Palestiniens misent sur le statu quo, l’imposition d’un blocus par Israël faisant parfaitement leur affaire d’un point de vue stratégique.

“Le maintien du blocus israélien permet aux Palestiniens de continuer à ternir l’image d’Israël auprès de la communauté internationale”, estime Emmanuel Halperin.

Force est de rappeler que le blocus imposé par les Israéliens au Hamas dans la bande de Gaza est “parfaitement légitime” et “tout à fait légal aux yeux de l’ONU”, ajoute-t-il.

“On oublie que ce blocus, qui fait très mauvaise impression, est à la fois israélien et égyptien. Or, on ne parle jamais du blocus décrété par l’Égypte à Gaza, on parle seulement du blocus israélien. Si l’Égypte ouvrait sa frontière avec Gaza, les habitants palestiniens  de cette enclave auraient un débouché”, rappelle Emmanuel Halperin.

L’Intifada des couteaux qui fait rage en Israël depuis plusieurs mois, et qui a déjà coûté la vie à plusieurs dizaines de civils et de soldats israéliens, n’est-elle pas une nouvelle forme de terrorisme face à laquelle les Israéliens semblent impuissants?

Depuis la fondation de l’État d’Israël, en 1948, les Israéliens ont été confrontés à trois vagues successives de tentative de destruction de l’État hébreu, rappelle Emmanuel Halperin: 1-le recours aux guerres conventionnelles, qui a totalement échoué, 2-le terrorisme le plus extrême, qu’Israël est aussi parvenu à contrecarrer et 3-les campagnes de délégitimation d’Israël sur la scène mondiale, qui n’ont pas encore apporté des résultats concrets.

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“Pour atteindre leur objectif macabre, la dissolution de l’État d’Israël, les Palestiniens ont opté pour une nouvelle forme de terrorisme lâche et aveugle contre laquelle il n’y a pas véritablement de solution. En effet, on ne peut pas savoir à l’avance quel jeune homme palestinien de 16 ou 17 ans se promenant dans la rue armé d’un couteau décidera tout à coup d’attaquer sauvagement un civil ou un soldat israélien. Aucun service de renseignement dans le monde ne peut prévoir ce type de comportement totalement irrationnel.”

D’après Emmanuel Halperin, cette nouvelle vague de terrorisme palestinien finira par se résorber.

“Il n’existe pas de contrepoison pour venir à bout de cette vague de terrorisme spontané. Mais la réaction des soldats et des policiers israéliens, qui parviennent la plupart du temps à “neutraliser” les terroristes -c’est un euphémisme qui veut dire “tuer l’agresseur”-,   nous laisse espérer que cette vague de terrorisme finira par s’atténuer et disparaître. On a constaté ces dernières semaines une diminution du nombre d’attentats.”

Emmanuel Halperin déplore le fait que les dirigeants de l’Autorité Palestinienne, Mahmoud Abbas en tête, ne condamnent jamais le terrorisme suicidaire palestinien.

“Les leaders palestiniens se contentent tout simplement de déclarer que ces attaques au couteau ou à la machette perpétrés par de jeunes Palestiniens sont contraires à l’intérêt du peuple palestinien. C’est la formule consacrée qu’ils utilisent.”

Comment Emmanuel Halperin envisage-t-il l’avenir d’Israël, qui célébrera cette année son 68ème anniversaire d’existence ?

“Je vais peut-être vous surprendre. Je suis tout à fait optimiste. Israël doit se protéger. Nous, Israéliens, vivons derrière des grilles. Aujourd’hui, nous ne sommes pas le seul peuple dans le monde obligé d’ériger des barrières pour protéger ses citoyens. Malheureusement, nous ne nous acheminons pas vers une paix sécuritaire et viable avec nos voisins palestiniens et arabes. Mais, Israël devrait profiter de la situation qui prévaut aujourd’hui au Proche-Orient. Les frontières sont en train de changer. La Syrie et l’Irak ne seront plus les pays qu’on a jadis connus.”

D’après Emmanuel Halperin, aujourd’hui, Israël n’est plus en danger existentiel.

“Le scénario noir d’un Iran possédant la bombe nucléaire ne se concrétisera pas avant une décennie. Cependant, Israël continuera à faire face à de nombreux dangers: le terrorisme, les campagnes de boycott et de délégitimation, les pressions internationales…”

L’Israël du début du XXIe siècle est“une société vivante en pleine transformation” et “un pays qui connaît un grand boom économique”, constate-t-il.

“En Israël, il y a énormément de choses à faire et à corriger. Cependant, tout n’est pas aussi sombre, comme certaines “belles âmes” ne cessent de le claironner. D’après les résultats d’un sondage réalisé récemment par l’OCDE, Israël est l’un des pays les plus heureux du monde. Pourtant, on nous rabâche tous les jours que les Israéliens sont au bord des plus grands malheurs et de l’abîme. Ce sondage de l’OCDE met en charpie cette allégation non fondée. Les Israéliens sont un peuple heureux, c’est-à-dire qu’ils ont de bonnes raisons de l’être!”