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L’intelligence artificielle au service de la robotique

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Eden Abitbol

“Les progrès importants réalisés ces dernières années dans le domaine de l’intelligence artificielle ont ouvert des voies très prometteuses à la robotique. Aujourd’hui, Montréal et le Québec sont un centre mondial, de mieux en mieux positionné, dans le domaine de la recherche en intelligence artificielle. Les ingénieurs de la compagnie Kinova  —www.kinovarobotics.com— s’emploient à développer les réflexes des bras robotisés qu’ils conçoivent, en conférant plus de fluidité à leurs gestes. Par exemple, si un verre d’eau est posé sur une table, il serait intéressant que le bras robotisé puisse être capable de le prendre automatiquement. L’intelligence artificielle est en train de révolutionner le monde de la robotique. ”

Diplômé en génie biomédical de l’École Polytechnique de Montréal, Eden Abitbol, 26 ans, est un ingénieur fasciné par l’univers, chaque jour moins futuriste, de la robotique.

Au cours d’une entrevue, il nous a fait partager sa passion pour son métier exigeant de programmeur de logiciels embarqués régissant les principales fonctions exécutées par un bras robotisé.

“Le génie biomédical est un domaine de l’ingénierie en pleine expansion depuis quelques années, rappelle-t-il. Les avancées fulgurantes de la technologie ont des retombées des plus bénéfiques dans le domaine médical, et cela à différents niveaux: les diagnostics, les opérations chirurgicales, la recherche biomédicale, les traitements administrés aux patients… Grâce à ces avancées technologiques majeures, le monde médical vit aujourd’hui une véritable révolution.”

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Le génie biomédical est une branche de l’ingénierie très multidisciplinaire, souligne Eden Abitbol.

“Durant mes études universitaires, j’ai suivi des cours fort variés: physique, immunologie, programmation… L’ingénieur biomédical est polyvalent. C’est ce qui lui permet de s’adapter rapidement à n’importe quel type de technologie. À Kinova, je me suis joint au groupe de travail en charge de la programmation des logiciels des microcontrôleurs qui assurent le fonctionnement des bras robotisés KINOVAMC. Le bras robotisé possède plusieurs joints qui sont actionnés par des moteurs dotés d’un microcontrôleur, lequel achemine les instructions de mouvements, soit de direction, soit de manipulation. Des instructions qui permettent à un usagé de prendre un verre, d’ouvrir une porte, de se gratter…”

Tel que mentionné sur le site Web de la compagnie: “Kinova est une entreprise canadienne qui œuvre partout dans le monde. Elle conçoit et fabrique des solutions robotiques simples, polyvalentes et dont l’objectif premier est d’améliorer les capacités humaines grâce à un usage responsable et respectueux de la technologie. Les solutions proposées par Kinova repoussent les frontières de l’autonomie des personnes vivant avec une mobilité réduite aux membres supérieurs, propulsent les professionnels et les universités dans leurs recherches, et permettent aux professionnels de la santé de soigner leurs patients plus efficacement.”

Les produits de Kinova se retrouvent dans plus de 40 pays, et plus de 300 centres de recherche. La compagnie compte plusieurs clients industriels, tels que Toyota, Google, Amazon Robotics et la NASA.

Kinova offre trois familles de produits: les bras robotisés prosthétiques destinés à l’assistance, les bras ultralégers et manipulateurs mobiles destinés à la recherche et aux solutions industrielles et, tout récemment, une ligne de bras robotisés de grade chirurgical.

Ces bras robotisés se distinguent par leur souplesse, leur légèreté, leur pauvre consommation énergétique et leur haut niveau de performance.

La police israélienne utilise le bras robotisé fabriqué par Kinova. Celui-ci est porté par le prototype de robot mobile auquel la police israélienne a recours pour désamorcer une bombe à distance.

Avant de se joindre à l’équipe d’ingénieurs de Kinova, Eden Abitbol avait-il des connaissances en programmation de logiciels embarqués?

“Pendant mes études universitaires, j’ai suivi des cours de programmation, mais très peu dans le domaine des logiciels embarqués. J’ai quasiment tout appris dans ce créneau quand je me suis joint à l’équipe d’ingénieurs de Kinova. Le seul conseil que je peux donner à un jeune souhaitant travailler un jour dans le domaine de la robotique est de ne jamais avoir peur d’apprendre de nouvelles choses. À mes débuts, j’étais parfois incapable de faire ce qu’on me demandait de faire. Mais, je n’ai jamais craint de me retrouver un matin face à l’inconnu. Je suis passionné par mon travail. Cette passion est mon adrénaline quotidienne. Pourtant, avant de trouver la solution à un problème ardu de programmation, je dois persévérer. La frustration est parfois grande. Mais il n’y a pas de formule magique dans ce domaine. Il faut simplement s’armer de patience, et ne jamais désespérer!”

La conception d’un bras robotisé est un travail exigeant et de longue haleine.

“Concevoir un bras robotisé, c’est un long travail d’équipe, fort exigeant. Les ingénieurs en logiciels embarqués travaillent étroitement avec leurs collègues ingénieurs en électrique, en mécanique… Le hardware installé dans le bras robotisé fournit les commandes: la puissance que celui-ci doit consommer, le niveau de chaleur dissipée, le nombre de modules… Si une caméra en trois dimensions doit être aussi insérée dans le bras, il faudra prendre en considération cet élément lors de la phase de conception du logiciel du microcontrôleur. Il y a trois phases dans le processus de conception d’un bras robotisé: la phase de développement, la phase de tests et la phase d’intégration”, explique Eden Abitbol.