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Lior Elkaim un futur neurochirurgien passionné

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Lior Elkaim

Lior Elkaim, 24 ans, vient de se distinguer notoirement sur le plan académique en ayant été accepté dans l’un des programmes de médecine les plus contingentés au Québec: la neurochirurgie.

Rencontre avec un futur neurochirurgien passionné par les mystères du cerveau.

Présentez-vous à nos lecteurs.

Je suis né à Montréal dans une famille sépharade originaire du Maroc et d’Israël. J’ai effectué mes études primaires à l’école Talmud Torah (UTT), de l’arrondissement Saint-Laurent de la ville de Montréal, et secondaires à l’école Herzliah, de Snowdon. J’ai obtenu mon diplôme d’études collégiales en sciences de la santé au cégep Vanier. J’ai ensuite entrepris cinq années d’études en médecine à l’Université de Montréal, dont une préparatoire (Pré-Med).

Vous venez d’être admis dans un programme de spécialisation médicale très contingenté : la neurochirurgie.

Cette année, seulement deux postes de spécialisation en neurochirurgie ont été ouverts au Québec, un à l’Université de Sherbrooke, l’autre à l’Université McGill. C’est le gouvernement du Québec qui établit ce quota. Je vais poursuivre ma résidence à l’Université McGill et une étudiante fera la sienne à l’Université de Sherbrooke. L’année prochaine, ce devrait être au tour des facultés de médecine de l’Université de Montréal et de l’Université Laval de former de nouveaux neurochirurgiens. Cette année, vingt-six futurs diplômés en médecine au Canada ont soumis leur candidature pour ce poste à l’Université McGill. Je me sens très privilégié d’avoir été sélectionné.

Combien d’années d’études pour former un neurochirurgien?

Dans mon cas, je prévois un total de douze années : six de résidence, quatre de recherche pour compléter un PhD et deux années supplémentaires pour une surspécialisation. J’espère faire celle-ci en neurochirurgie pédiatrique ou vasculaire. Je suivrai ma formation dans les quatre hôpitaux universitaires affiliés à l’Université McGill: l’Hôpital général juif, l’Institut neurologique de Montréal, l’Hôpital général de Montréal et l’Hôpital de Montréal pour enfants.

Pourquoi avez-vous choisi la neurochirurgie?

Toutes les branches de la médecine m’intéressent, mais la neurochirurgie plus particulièrement parce que l’étude du cerveau me passionne. Dès l’école primaire, je voulais étudier un jour en médecine, ou en neurosciences, pour explorer les différentes parties du cerveau humain et comprendre leur fonctionnement. Siège central de la cognition, de la mémoire, des émotions, le cerveau est certainement l’objet le plus complexe qui existe dans l’univers. C’est l’organe qui définit le mieux un être humain. En neurochirurgie, nous avons le privilège d’effectuer des opérations chirurgicales non pas sur un organe conventionnel, mais sur un organe qui confère un sens à l’existence de la personne, qui lui permet de percevoir, de penser, de sentir des émotions, de communiquer… Explorer les diverses zones du cerveau, c’est indéniablement l’une des plus belles aventures scientifiques et humaines. La neurochirurgie traite les maladies qui privent un être humain des caractéristiques fondamentales qui le définissent. C’est un immense privilège de pratiquer cette spécialité et c’est également très valorisant.

Pourquoi souhaitez-vous vous spécialiser en neurochirurgie pédiatrique?

Parce que c’est un champ médical qui me passionne. Soigner des enfants, c’est un engagement noble pour un médecin. La neurochirurgie pédiatrique permet d’acquérir une expertise en pathologie neurologique et de traiter diverses maladies du système nerveux central ou périphérique: malformation congénitale cérébrale, médullaire et rachidienne, tumeur, hydrocéphalie, traumatisme… Pendant mes études en médecine, j’ai eu la chance d’avoir comme mentors deux neurochirurgiens pédiatriques réputés, le Dr Alexander Weil, médecin à l’hôpital CHU-Sainte-Justine de Montréal, et le Dr George Ibrahim, médecin à l’hôpital Sick Kids de Toronto. Ils ont renforcé ma passion pour la neurochirurgie.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune qui souhaite étudier la médecine?

Au Québec, nous sommes très avantagés de pouvoir entrer directement en médecine à la fin de nos études collégiales. C’est l’étape la plus difficile à franchir. C’est pourquoi un étudiant résolu à être accepté dans cette discipline doit absolument travailler sérieusement au cégep. Il doit obtenir les notes requises par ce programme dont les places sont considérablement limitées. Et s’il n’est pas admis directement après le cégep, je lui conseille fortement de ne pas se décourager et d’essayer de nouveau. C’est un chemin ardu qui exige de nombreux sacrifices personnels. Il est important de rester déterminé, motivé et, surtout, passionné.

Quel regard portez-vous sur le système de santé québécois au sein duquel vous exercerez la neurochirurgie dans quelques années?

Notre système de santé est complexe, mais il offre de nombreux avantages. Il est vrai que les temps d’attente pour consulter un médecin où avoir une chirurgie sont parfois longs, mais les cas urgents sont traités en priorité et, en fin de compte, toutes les personnes ont accès à des soins médicaux de qualité. Ceux-ci ne sont pas déterminés en fonction de la situation financière du patient, comme c’est le cas dans d’autres pays. Même si notre système de santé n’est pas parfait, il demeure parmi les meilleurs au monde.

Gardez-vous de bons souvenirs de l’école Herzliah?

Je n’ai que de bons souvenirs des cinq années que j’ai passées à l’école Herzliah. J’ai été profondément marqué, tout comme mes camarades de classe, par notre professeur de mathématiques, Salim Kimia. Il nous a transmis l’amour de cette discipline, essentielle dans la vie, ainsi que l’importance de la rigueur dans les études. Je lui suis très reconnaissant. L’atmosphère qui régnait à Herzliah était extraordinaire. Dans la section française où j’ai étudié, la majorité des élèves étaient, comme moi, des enfants d’immigrants. Il fallait qu’ils travaillent fort. Leurs familles devaient faire d’énormes sacrifices pour qu’ils puissent recevoir une éducation de qualité. La volonté farouche de réussir de ces jeunes fait partie de leur ADN. L’école Herzliah ne nous a pas seulement prodigué une excellente éducation, générale et en études juives, elle nous a aussi transmis des valeurs fondamentales: l’humanisme, le sens de la fraternité, la rigueur, la confiance en soi… Je suis très fier d’être diplômé de cette excellente école juive montréalaise.